lundi 23 avril 2007

J’ai la mémoire qui flanche… !

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Je vous ai souvent parlé de mes deux derniers neurones encore en état de marche, afin de les préserver il va falloir que je les ménage.

Il est temps de faire appel à un guide-âne… !

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« J'imaginai un guide-âne et toute une mnémotechnie, qui me permettront de retrouver à mon caprice les plus subtiles émotions que j'aurai l'honneur de me donner. »

(BARRÈS, Homme libre, 1889, p.58).

simonide

Le plafond de la salle où il banquetait s’écoula. Seul à en réchapper, il se souvenait, par un procédé d’aide-mémoire, de la place de tous les convives, ce qui permit l’identification des victimes. depuis, la pédagogie du souvenir a perfectionné cette « méthode des lieux », qui a pour principe de transformer en images les événements qu’on doit se rappeler et de les ranger selon un processus déterminé. Pour que le souvenir remonte à la surface, il suffit de refaire mentalement l’itinéraire. Les techniques de l’audiovisuel et de l’informatique ont beaucoup réduit le rôle de la mnémotechnie. On peut toutefois en retenir des exemples :

La liste des 12 premier Césars :

Auguste2

« Cesautica claunegalo vivestido »

César, Auguste, Tibère, Caligula, Claude, Néron, Galba, Othon, Vitellius, Vespasien, Titus, Domitien

vuesilurodevo

Les périodes géologiques de l’ère primaire :

trilobite

« CAMBRonne S’IL EÛt été DÈVÔt n’eût point CARBONisé son PÈRe »

Cambrien, Silurien, Dévonien, Carbonifère, Permien.

pi

Les 31 premières décimales du nombre pi en comptant les lettres de chaque mot de ce quatrain :

Que j’aime à faire apprendre un nombre utile aux sages.

3    1    4    1   5           9         2     6           5     3      5

Immortel Archimède, artiste, ingénieur,

      8               9               7           9

Qui de ton jugement peut priser la valeur ?

  3    2   3         8          4       6      2     6

Pour moi, ton problème eut de pareils avantages.

   4      3      3        8         3    2      7            9

La liste des conjonctions de coordination :

"Mais où est donc Ornicar ?"

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Elle monte ou elle descend ?

La stalagTite  « T » Tombe

La stalagMite « M » Monte

  DysnSphr

« Cet art, Giordano Bruno le porte à son apothéose. Associant aux architectures et aux images de Camillo « la géométrie mystique et cosmologique de Raymond Lulle », savant du Moyen Age, il « attelle le monde intérieur de l'imagination aux étoiles » et reproduit « le monde céleste à l'intérieur de l'homme ». La mémoire magique sort de leur chaos les images archétypales de la conscience et offre, en les organisant, une faculté divine à l'homme. Celui-ci rejoint Dieu en recréant le monde.

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Telle est la grande métamorphose de l'art de la mémoire, «devenu l'outil qui sert à former la Psyché d'un mystique ou d'un Mage inspiré par Hermès ». Il fait partie d'un culte initiatique et constitue la tentative prométhéenne de mémoriser l'univers tout entier grâce à la série des correspondances et des associations, unifiées par le système céleste. Mais le problème essentiel reste pour Bruno « l'organisation de la psyché au moyen de l'imagination ». Il englobe ainsi l'esprit même de la renaissance ».

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(Extrait d’après l’article de Jean-Michel Maulpoix sur L'Art de la mémoire ( Gallimard) de Frances A.Yates, publié dans le numéro 271 de la Nouvelle revue française (juillet 1975)

Notre mémoire est une suite de clichés que nous avons gardé au plus profond de nous même.

Ces clichés sont inaltérables dans la mesure où nous saurons les préserver de l’atteinte de l’oubli. Ceux qui ont marqués notre vie sont ceux qui nous restent quand on a tout oublié.

La vraie mémoire c’est la transposition de ces clichés en un film qui se déroule sans rupture.

Elle passe par trois stades, la fixation, la conservation et la restitution.

Pour le moment, ma cinémathèque personnelle fonctionne bien ; jusqu’à quand… ?

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dimanche 22 avril 2007

Je vous l’avais dit… !

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Chose promise…

La Nature avait des parfums bien agréables, loin de l’infâme relent de pourriture politicienne que vos candidats vous proposaient… !

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Pour les déçus, un petit brin de muguet pour assainir l’ambiance.

Pour le prochain tour, mon sac, mon numérique, sont déjà prêts… !

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Pour 2012, pensez à moi… !

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jeudi 19 avril 2007

Soyons des Hamadryades: Suite et non fin…!

amour

L'homme qui plantait des arbres de Frédéric Back fut reconnu comme le meilleur film d'animation de l'année, lors de la cérémonie des « Oscars » de 1958… !

Je n’ai pu résister au plaisir de vous faire partager ce petit film d’animation (enfin, 30 mns en deux parties) ; la prise de conscience que les arbres c’est la vie est à ce prix : en prendre soin c’est le minimum vital à vite intégrer… !

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Elzéard Bouffier est un planteur de chênes, un homme souche, solitaire et désintéressé, qui a consacré les trente dernières années de sa vie au reboisement d'une région des Alpes que l'humaine incurie avait transformée en désert. À chaque chêne planté par Elzéard, Frédéric Back a fait correspondre, avec la même patience, la même sollicitude pour la vie, un dessin merveilleux. À la fin du film on voit, au milieu d'un village ayant retrouvé ses habitants, couler une source auparavant tarie. Les arbres avaient d'abord retenu l'eau, puis domestiqué le soleil. Prodige! Un prodige semblable s'opère parfois dans nos intelligences acidifiées, nos imaginations encombrées. Il en résulte alors une oeuvre comme le film de Frédéric Back. L'esprit a aussi son écologie jamais cette grande vérité psychologique n'aura été aussi évidente que dans le rapprochement entre Elzéard Bouffier, planteur d'arbres et Frédéric Back, dessinateur et cinéaste.

Source : (Encyclopédie de L’Agora)


1 L'Homme plantait des arbres -Giono
envoyé par Quarouble


2 L'Homme plantait des arbres -Giono
envoyé par Quarouble

Voici ce que disait Giono de son texte dans une lettre qu'il écrivit au Conservateur des Eaux et Forêts de Digne, Monsieur Valdeyron, en 1957, au sujet de cette nouvelle :

« Cher Monsieur,

Navré de vous décevoir, mais Elzéard Bouffier est un personnage inventé. Le but était de faire aimer l'arbre ou plus exactement faire aimer à planter des arbres (ce qui est depuis toujours une de mes idées les plus chères). Or si j'en juge par le résultat, le but a été atteint par ce personnage imaginaire. Le texte que vous avez lu dans Trees and Life a été traduit en Danois, Finlandais, Suédois, Norvégien, Anglais, Allemand, Russe, Tchécoslovaque, Hongrois, Espagnol, Italien, Yddisch, Polonais. J'ai donné mes droits gratuitement pour toutes les reproductions. Un américain est venu me voir dernièrement pour me demander l'autorisation de faire tirer ce texte à 100 000 exemplaires pour les répandre gratuitement en Amérique (ce que j'ai bien entendu accepté). L'Université de Zagreb en fait une traduction en yougoslave. C'est un de mes textes dont je suis le plus fier. Il ne me rapporte pas un centime et c'est pourquoi il accomplit ce pour quoi il a été écrit.

J'aimerais vous rencontrer, s'il vous est possible, pour parler précisément de l'utilisation pratique de ce texte. Je crois qu'il est temps qu'on fasse une « politique de l'arbre » bien que le mot politique semble bien mal adapté. Très cordialement Jean Giono ».

Comme quoi, il y a bientôt 50 ans des petites graines germaient dans la conscience de responsables… !

Et cerise sur le gâteau, la voix reconnaissable entre mille d’un très grand acteur : Philippe Noiret… !

Vite Vite, si tu me dis que tu n’as pas aimé, je retourne hiberner dans mon terrier… !

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lundi 16 avril 2007

Au pied de mon arbre, je vivais heureux… !

1

Afin d’exorciser mes fantômes,

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3

J’ai laissé tomber des graines,

4

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Elles n’attendent qu’un peu d’amour pour germer,

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Je me souviens de la vie de château,

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Jusqu’au jour où, l’on m’a dit d’aller me pendre ailleurs,

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Je n’ai plus droit à la parole,

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J’en suis resté bouche bée,

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J’ai connu le bon temps, où j’avais fière allure,

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J’ai plié l’échine,

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J’ai résisté à la chaleur et au vent,

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Je me suis accroché pour t’abreuver,

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Tu t’es servi de moi, avant de m’abandonner,

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J’ai déployé mes ramures,

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Pour te faire de l’ombre,

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J’ai éclairé ton ciel,

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J'ai résisté à la foudre

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Je t’ai attendu dans le lit,

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Nous avons franchi le Rubicon,

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Tu es venu en ballade,

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Nous avons été mené en bateau,

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La mer nous a accueilli,

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Je me suis échoué,

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Pourtant je m’étais accroché,

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Si tu veux me voir encore fleurir,

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Ne me laisse pas mourir lentement… !

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Où iras-tu te percher, quand je ne serai plus là… ?

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Maintenant, je te regarde,

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N’attends pas, de n’avoir que des spectres à admirer,

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Je t’en supplie, sors-moi de là, j’ai froid… !

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samedi 14 avril 2007

Qui a dit que je me suis reposé… ?

1kobas_Laksa

(Photo Kobas Laksa)

Pause, n’a jamais signifié ne rien faire. Si mon clavier a moins reçu de coups de griffes qu’en temps normal, mes pattes ont par contre été mises à contribution.

Il y a deux jours, j'ai lancé une idée en l'air (je vous rassure, elle ne m'est pas retombée sur le coin de la figure...!):

St_Antoine_DSCN7097

"Les filles si on allait jusqu'à l'abbaye de St Antoine à pied...?"

Le défi a été relevé par mes deux petites filles (14 et 13 ans), les 25 Kms à effectuer ne leur semblant pas impossible à faire; ce qui n'était pas de l'avis de leur grand-mère...!

Ce petit bout du chemin des étoiles nous l'avons dégusté et j’y associe un ami virtuel (il se  reconnaîtra ; j'ai ouvert les yeux pour lui).

Un peu d’histoire :

3Armoiries_Dauphins_de_France

D’après la légende, les reliques de Saint Antoine sont ramenées vers 1070 de Constantinople en Dauphiné par Geilin, un seigneur local ; elles sont déposées au village de la Motte aux Bois, qui prend alors le nom de Saint-Antoine.

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En 1088, des bénédictins sont dépêchés de Montmajour afin de surveiller la construction de l’église qui doit abriter les reliques et assurer l’accueil des pèlerins.

Il est fondé par ailleurs, une maison de l’Aumône, par des sœurs et des frères hospitaliers au service des pauvres et des malades.

4abbaye_SDt_AntoineDSCN7089

Au milieu du XIIème siècle, ces hospitaliers se voient octroyer le droit de quête, l’exemption de tributs et péages, après avoir fondé plusieurs maisons en Italie, en Allemagne et dans les Flandres. Ainsi se multiplient les sources de conflits avec les Bénédictins, qui, chassés en 1289, sont officiellement congédiés par le Pape Boniface VIII en 1297.

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Dés lors, la maison de L’Aumône est érigée en Abbaye, les hospitaliers deviennent chanoines réguliers de Saint-Antoine. Ils se distinguent par leur science novatrice en matière de médecine lors des grandes épidémies. Plus particulièrement voués aux soins des malades frappés du *Mal des Ardents, sorte d’empoisonnement du sang dû à l’absorption d’un champignon parasite du seigle, ils construisent à Saint-Antoine même, maison mère de l’Ordre, plusieurs hôpitaux.

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Aux 14ème et 15ème siècles, l’Ordre est à son apogée. Les guerres de religion semblent condamner l’Ordre au déclin. Abbés et religieux fuient l’Abbaye livrée à la cupidité des pillards : Les bâtiments conventuels sont dévastés, les façades mutilées, es sacristies, les archives et la bibliothèque perdent d’irremplaçables trésors.

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Dès le 17ème siècle, les religieux tentent de redresser l’Ordre. Les abbés entreprennent des rénovations d’envergure.

Eb 1768, l’Edit promulgué par Louis XV visant la suppression des congrégations religieuses ne comprenant pas plus de vingt membres par maison porte un coup fatal à l’Ordre qui, dans un ultime sursaut s’unit à celui de Saint-Jean de Jérusalem.

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Les chevaliers de Malte ne séjournent pas longtemps à Saint-Antoine cédant l’Abbaye à des chanoinesses de leur ordre.

72Grenoble

La Révolution entraîne la vente des bâtiments au titre des biens nationaux ; de nombreux objets d’art et peintures sont transportés à Grenoble lors des saisies révolutionnaires.

L’église devenue paroissiale en 1802 est classée Monument Historique par Prosper Mérimée en 1840. Considérée comme l’une des réalisations gothiques les plus remarquables du Dauphiné, édifiée en grande partie entre le 13ème et le 15ème siècle,

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elle est dotée d’une nef haute et unique. Les collatéraux sont ponctués de chapelles richement ornées de peintures murales.

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(Source :Office tourisme St Antoine)

*De tous les fléaux qui déciment les populations au Moyen âge, le « mal des ardents » ou feu Saint Antoine » est l’un des plus meurtriers. Ce mal sévit dans toute l’Europe et apparaît en Dauphiné vers 1090-1096.

Contractée par intoxication alimentaire, la maladie présente deux aspects distincts : l’un convulsivant, l’autre gangréneux. Elle laisse des lésions irrémédiables, les muscles se raidissent, les membres se gangrènent, accompagnés de plaies purulentes et nauséabondes, une mauvaise irrigation du cerveau provoque chez le malade un état hallucinatoire ; proche de la démence.

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Face à ce mal terrifiant, la croyance en la puissance miraculeuse d’un Saint, et plus particulièrement en celle de Saint Antoine, demeure pour de nombreux malades le seul recours. En 1596, la faculté de médecine de Marbourg (Allemagne) attribue l’origine du mal au seigle ergoté (l’ergot est un champignon parasite nommé Claviceps Purpurea) qui, absorbé, entraîne un empoisonnement du sang.

« Le mal commençait par une tâche noire ; cette tâche s’étendait rapidement causant une ardeur insupportable, desséchait la peau, pourrissait les chairs et les muscles qui se détachaient des parties osseuses et tombaient par lambeaux. Feu dévorant, il brûlait petit à petit et enfin consumait ses victimes sans qu’on put apporter de soulagement à leurs souffrances. Plusieurs éprouvaient ses plus cruelles atteintes dans l’espace d’une nuit ; s’ils ne mourraient pas au bout de quelques heures. »

(Ecrit de Sigebert de Gembloux au XIe siècle)

Chemin faisant

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Notre promenade en pays St Antonin a débuté à Viriville, en longeant des champs parés de belles fleurs printanières plus propices au farniente qu’à la marche.

Marnans

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Première halte pour admirer la très belle église romane de Marnans.

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Le petit lac de Roybon a été le bienvenu pour la pose ravitaillement.

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En serpentant le long des collines, nous avons rejoint l’entrée de l’Abbaye ; les filles avaient été à la hauteur des espérances de leur grand aïeul.

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La relève pour Compostelle est assurée, il suffit qu’elles franchissent la porte du chemin des étoiles… !

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jeudi 5 avril 2007

Histoire presque sans paroles… !

1Pause

Envie d’une pause… !

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Je prends des lettres, je les triture, hélas… !

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(Dessin Mibé)

La page reste blanche… !

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(Photo Toledano)

Je n’ai pas trente six mains… !

5chats

Je vais rejoindre mes chats, pour un petit somme… !

6debout

J’ai programmé le réveil, pour quand ça ira mieux… !

7grain_de_folie

Mes graindesel ont droit à un grain de folie… !

8ane

P.S : Pégase m’a peut-être transformé en âne… ?

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mercredi 4 avril 2007

Epître Dédicatoire

1parnasse

Dans mon billet précédant, je vous avais proposé dans l’attente de son épître dédicatoire un petit résumé sur la vie de Bruno Giordano.

Pour ceux que le sujet précédent n’a pas déclenché des migraines, je vous soumet comme promis, ce petit chef d’œuvre d’écriture… !

Espérant que vous y trouverez autant de plaisir que ce que j’en ai éprouvé à sa lecture.

Bon courage, le plaisir est au bout de cette épître… !

A propos de :

La cabale du cheval de Pégase.

« Voilà le premier enseignement de l’âne céleste : dans l’ordre productif de la nature, les hommes ne possèdent aucune supériorité intellectuelle sur les bêtes. L’âme appartient en effet à toutes les espèces vivantes, car tous les êtres vivants sont dotés d’intellect ».

Bruno affirme même :

2Fontana___Portrait_dAntonietta_Gonsalus

« Qu’il est possible que beaucoup d’animaux puissent avoir plus d’esprit et un intellect bien plus éclairés que l’homme ».

L’homme appartient ainsi à l’ordre de la nature, tant du point de la substance spirituelle que de la substance corporelle. De ce point de vue, il ne constitue pas une exception ontologique. Selon Bruno, en effet :

3oph_ser

« Si l’homme, avec son esprit, pouvait se métamorphoser en serpent, il deviendrait serpent à tous les effets. »

Saverio ANSALDI : Université de Montpellier III – Paul Valéry

Epître Dédicatoire

Sur  la  cabale  suivante

Au  Révérendissime  Seigneur

Don  Sapatino

Abbé  successeur  de  San  Quintino,

Evêque  de  Casamarciano

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Reverendissime in Christo Pater,

« Révérendissime Père dans le Christ ».

Parvenu au terme de son travail (non que la lumière ait  transmigré mais que le matériau expulsé lui fait défaut et lui manque) et tenant en main un peu de verre, et bois, de cire ou d’autre chose, le potier a souvent de reste un morceau sans qu’il sache et puisse se résoudre à son sujet, songeant à ce qu’il pourrait en faire, se devant de ne pas s’en débarrasser sans profit et voulant au mépris du monde qu’il serve à quelque chose ; et voilà qu’en fin de compte ce morceau s’avère prédestiné à devenir une troisième anse, un bord, un couvercle de cruche un renfort, un emplâtre ou quelque rapiéçage colmatant, bouchant ou recouvrant une fissure, un trou ou une lézarde. Voilà, comme au potier, ce qui m’est arrivé, après avoir donné libre cours non à toutes mes pensées, mais à une certaine liasse d’écrits seulement, si bien que, finalement, n’ayant rien d’autre à achever, plus par hasard qu’à dessein, j’ai porté mon regard vers un opuscule que j’avais auparavant méprisé et utilisé pour couvrir ces écrits : je trouvai qu’il contenait en partie ce que vous vous verrez présenté.

5_chevalier

Cet opuscule, je pensai d’abord le dédier à un chevalier ; ayant ouvert les yeux, celui-ci me dit qu’il n’avait pas assez étudié pour pouvoir comprendre les mystères et qu’il ne pouvait donc lui plaire. Je l’offris ensuite à un des ces ministri verbi Dei (1); il le déclara qu’il était ami de la lettre et qu’il ne se délectait point de semblables exposés propre à Origène (2), que les scholastiques et les autres ennemis de sa profession admettaient en leur esprit ? Je le proposai à une dame ; elle me dit qu’elle ne le trouvait pas à son gré, parce que cet opuscule n’était pas aussi long qu’il sied à un cheval et à un âne (3). Je l’offris à une autre qui, quoiqu’elle prît plaisir à y goûter, me dit, l’ayant fait, qu’elle voulait y réfléchir quelques jours. Je vis s’il pouvait encourager une bigote ; et elle me dit : « Je ne l’accepterais que s’il parle du rosaire, de la vertu des grains bénis et l’agnus-dei ».

Je l’approchais du nez d’un pédant qui ayant détourné le visage, me dit qu’il supprimait toute étude et toute matière à l’exception de quelques annotations, scolies et interprétations de Virgile, Térence et Marcus Tullius. J’entendis un versificateur dire qu’il n’en voulait pas à moins qu’il ne s’agît de la reproduction de quelques huitains ou sonnets. D’autres disaient que les meilleurs traités avaient été dédiés à des personnes qui n’étaient  pas meilleures qu’eux. D’autres encore, avançant d’autres arguments, me semblaient disposés à ne devoir m’en remercier que peu ou pas du tout, si je le leur avais dédié ; et ce non sans raison, car, à vrai dire, on ne saurait offrir, dispenser et proposer traités et considérations qu’à ceux qui en sont dignes par leur profession ou leur condition.

Me trouvant donc les yeux rivés sur la nature de la matière encyclopédique, je me souvins de votre esprit encyclopédique qui, non tant par sa fécondité et sa richesse que par quelque rare excellence, paraît embrasser le tout, paraît détenir le tout et mieux encore. Assurément, personne d’autre que vous ne pourra plus expressément comprendre le tout, puisque vous êtes hors du tout ; vous pouvez entrer partout, puisque rien ne vous enferme ; vous pouvez disposer du tout, puisqu’il n’est rien dont vous disposiez. (Je ne sais si je ne pourrai mieux décrire votre ineffable intellect). Quand à moi, j’ignore si vous êtes théologien ou philosophe ou cabaliste. Mais je sais bien que vous êtes les trois à la fois, sinon par essence, du moins par participation ; sinon en acte, du moins en puissance ; sinon de près, du moins de loin. De toute façon, je crois que vous êtes suffisamment l’un comme l’autre. Par conséquent, voici que s’offrent à vous cabale, théologie et philosophie : je veux dire une cabale de philosophie théologique, une philosophie de théologie cabalistique, une théologie de cabale philosophique, de sorte, d’ailleurs , que j’ignore si vous possédez ces trois domaines totalement, partiellement ou si vous ne les possédez nullement ; mais ce dont je suis bien  certain, c’est que vous possédez le tout du rien en partie, une partie du tout dans le rien et qu’en tout vous ne possédez rien de la partie.

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Maintenant, pour en venir à nous, vous me demanderez : qu’est-ce donc que cette chose que vous m’envoyez ? Quel est le sujet de ce livre ? De quel présent m’avez-vous rendu digne ? Et je vous répondrai que je vous fais don d’un âne, que s’offre ainsi à vous l’âne qui vous fera honneur, qui augmentera votre dignité et vous mettra dans le livre de l’éternité. Il ne vous en coûte rien pour l’obtenir de moi et l’avoir pour vôtre ; et il ne vous en coûtera pas plus pour vous en charger, car il ne mange pas, ne boit pas et ne salit pas la maison ; en outre, il sera éternellement vôtre et vous durera plus longtemps que vos mitre, crosse, chape, mule et vie, comme, sans discourir beaucoup, vous pouvez le comprendre vous-même ainsi que d’autres. Ici, je suis persuadé, monseigneur révérendissime, que le don de cet âne ne sera pas ingrat envers votre prudence et votre piété. Et ce n’est point l’usage d’offrir à de grands maîtres un diamant, un rubis, une perle, un cheval parfait, un vase remarquable, ou encore un perroquet, un singe, petit ou grand, voire un âne, non ce n’est pas cet usage qui me fait parler ainsi.

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(Gallery Durand)

Car cet âne-ci, tout en étant nécessaire, est rare, doctrinal et il n’est pas comme les autres. L’âne indien est précieux et c’et un don papal à Rome ; l’âne d’Otrante est un don impérial à Constantinople (4) ; l’âne de Sardaigne est un don royal à Naples. Quant à l’âne cabalistique, qui est idéal et par conséquent céleste, voudriez-vous, vous, qu’il soit moins cher où que ce soit sur terre et à quelque important personnage que ce soit, alors que, par un certain effet de réciprocité bienveillante et supérieure, nous savons que ce qui est terrestre se trouve au ciel ? Je suis donc certain que vous l’accepterez avec le même esprit que celui avec lequel je vous en fais don.

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Tenez-le, ô mon père, s’il vous plaît, pour un, oiseau, car il est ailé, et c’est le plus gentil et le plus gai que l’on puisse garder dans une cage. Tenez-le, si vous le voulez, pour un fauve, car d’un côté il est unique, rare et parfait et, de l’autre, il n’est rien de plus vaillant que vous puissiez retenir dans un antre ou une caverne. Traitez-le, s’il vous plaît, en domestique, car il est obséquieux, affable et servile, et c’est le meilleur compagnon que vous puissiez avoir chez vous. Veillez à ce qu’il ne vous échappe pas des mains, car c’est le destrier le meilleur que vous puissiez nourrir ou, pour mieux dire, qui puisse se nourrir dans votre écurie ; c’est le meilleur camarade qui puisse vous tenir compagnie et vous divertir en chambre. Maniez-le comme un joyau et une chose précieuse, car vous ne sauriez avoir de trésors plus remarquables dans votre cachette. Touchez-le comme une chose sacrée et regardez-le comme une chose digne de haute considération ; car vous ne sauriez avoir de meilleur livre, de meilleure image ni de meilleur miroir dans votre cabinet. Tandem (5), si, malgré toutes ces raisons, il ne sied pas à votre appétit, vous pourrez le donner à quelqu’un d’autre qui ne devrait pas vous en être ingrat. Si vous le considérez comme un amusement, donnez-le à quelque bon chevalier qui le remettra entre les mains de ses pages, pour le garder soigneusement parmi les singes et les cercopithèques. Si vous le tenez pour une bête de trait, offrez-le à un paysan qui lui donnera asile entre son cheval et son bœuf. Si vous le considérez comme une bête sauvage, cédez-le à quelque Actéon qui le fera vagabonder entre les boucs et les cerfs. S’il vous paraît mignon, faites-en présent à quelque demoiselle pour laquelle il tiendra lieu de martre et de petite chienne. S’il vous semble finalement tenir du mathématicien, faites-en grâce à un cosmographe, pour qu’il aille ramper et sautiller entre les pôles arctique et antarctique de l’une de ces sphères armillaires, auxquelles il pourra donner le mouvement continu non moins avantageusement que le mercure épandu a pu le faire à celle d’Archimède, afin d’être plus efficacement le modèle du macrocosme, où la concordance et l’harmonie du mouvement rectiligne et circulaire dépendent de l’âme intrinsèque.

Mais si, comme je l’estime, vous êtes sage et si vous envisagez la question après mûre réflexion, vous le garderez par-devers vous, n’estimant pas que je vous aie offert une chose moins digne que celle que j’ai pu offrir au pape Pie V, à qui j’ai dédié L’Arche de Noé ; au roi Henri III de France, que j’immortalise avec Les Ombres des idées ; à son ambassadeur en Angleterre, à qui j’ai accordé Les Trente Sceaux(5) ; au Chevalier Sidney, auquel j’ai dédié La Bête triomphante.

ombres__claircies

En effet, vous n’avez pas seulement ici la bête triomphante vivante, mais également les trente sceaux ouverts, la béatitude parfaite, les ombres éclaircies et l’arche gouvernée ; ici, l’âne (qui ne convoite ni la vie des roues du temps, ni l’ampleur de l’univers, ni la félicité de l’intelligence, ni la lumière du soleil, ni le baldaquin de Jupiter) est modérateur, annonciateur, consolateur, initiateur et président. Non, ce n’est en rien un âne d’écurie ou de troupeau, il fait partie de ceux qui peuvent paraître partout, aller partout, entrer partout, s’asseoir partout, communiquer, comprendre, conseiller, définir et faire tout. En effet, si je le vois piocher, arroser et irriguer, pourquoi ne voulez-vous pas que je le dise maraîcher ? S’il laboure, plante et sème, pourquoi ne sera-t-il pas agriculteur ? Pour quelle raison ne sera-t-il pas artisan, s’il est manœuvre, maître d’œuvre et architecte ? Qui m’empêchera de le dire artiste, s’il est inventif, actif et réparateur ? S’il est exquisément argumenteur, disserteur et apologétique, pourquoi ne vous plaira-t-il pas que je le dise scolastique ? Comme il est si excellemment formateur de coutumes, instituteur de doctrines et réformateur  de religions, qui se fera scrupule de le dire académicien et de l’estimer archimandrite de quelque archiacadémie (6) ?

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Pourquoi ne sera-t-il pas monastique, puisqu’il est choral, capitulaire et cellulaire ? S’il a fait vœu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, me blâmerez-vous, si je le dis conventuel ? M’empêcherez-vous de l’estimer digne du conclave, étant donné qu’il peut s’élever par voix active et passive dans la hiérarchie, par l’élection et jusqu’à la prélature ? Si c’est un docteur subtil, irréfragable et illuminé, de quelle conscience ferez-vous preuve si vous ne voulez pas que je l’estime digne conseiller et le tienne pour tel ? Me tiendrez-vous la langue, pour qu’elle ne puisse le déclarer domestique étant donné que toute la moralité politique et économique loge dans cette tête-là ? La puissance de l’autorité canonique pourra-t-elle faire en sorte que je ne le tienne pas pour un pilier ecclésiastique, s’il s’offre à ma vue si pieusement, dévotement et chastement ? Si je le vois si haut, si béat et si triomphant, le ciel et le monde entier pourront-ils faire en sorte que je ne le nomme pas divin, olympien et céleste ? En conclusion (pour ne plus me casser la tête, ni ne plus vous casser la vôtre), c’est, ce me semble, l’âme même du monde, le tout dans le tout, et le tout dans quelque partie que ce soit. Vous voyez donc maintenant de quelle qualité et combien grande est l’importance de ce vénérable objet, à propos duquel nous faisons ce discours et ces dialogues. S’il vous semble voir dans ceux-ci une grosse tête dépourvue de buste ou munie d’une toute petite queue, ne vous effarez pas, ne vous indignez pas et ne vous étonnez pas. On trouve en effet dans la nature beaucoup d’espèces animales qui n’ont pour membre que la tête, ou qui ne sont, semble-t-il, qu’une tête, celle-ci se révélant énorme et les autres parties comme imperceptibles ; et cependant, ces espèces n’en sont pas moins des plus parfaites en leur genre.

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Et si cette raison ne vous satisfait pas, vous devez considérer en outre que cet opuscule renferme une description, une peinture et que, dans les portraits, il suffit le plus souvent de représenter seulement la tête sans le reste. Sans compter que ne faire qu’une main, un pied une jambe, un œil, une oreille délicate, la moitié d’un visage se détachant de derrière un arbre, ou depuis le petit angle d’une fenêtre ou sculpté dans le ventre d’une tasse – que sa base soit une patte d’oie, d’aigle ou de quelque autre animal – peut parfois donner un excellent résultat, dont la facture, loin donc d’y perdre ou de se déprécier, en est d’autant mieux accueillie et appréciée. Voilà pourquoi je me persuade, je suis même certain que vous accepterez ce don comme celui d’une chose aussi parfaite que le cœur des plus parfaits avec lequel elle vous est offerte.

Vale. (7)

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1 – Ministres du verbe divin, c'est-à-dire les réformés.

2 – Cf . Giordano Bruno, (Des fureurs héroïques) : « Et parmi les théologiens, seul Origène comme tous les grands philosophes a osé dire, après les Sadduccéens et autre réprouvés, que la révolution est vicissitudinale et éternelle et que tout ce qui s’élève doit retomber, ainsi qu’on peut le voir en tous les éléments, en tous les objets qui existent à la surface, au sein et aux entrailles de la nature. » (éd. Paul Henri Michel, Les Classiques de L’Humanisme, Les Belles Lettres, 1984, p. 114).

3 – Allusion obscène.

4 – Probablement, Bruno évoque avec ironie la lutte de la Sainte Ligue chrétienne (Espagne, Venise, Saint-Siège) contre l’invasion ottomane, la ville d’Otrante faisant face en Italie à celle de Lépante en Grèce, au large de laquelle fut mise en déroute pour la première fois la flotte turque.

5 – Œuvre publiée dés son arrivée à Londres en 1583 et dédiée à Michel de Castelnau, ambassadeur de France auprès de la reine Elisabeth.

6 – Néologisme, à valeur ironique.

7 – Adieu.

Source : La Cabale du Cheval Pégase, éditions Michel de Maule

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dimanche 1 avril 2007

Verba et Exempla, devise de Giordano Bruno… !

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Dernièrement, j’ai mis la patte sur un livre à vous décoincer les neurones :

La cabale du cheval pégase de Giordano Bruno.

Bon, il est vrai que quelques pages peuvent avoir le même effet que trois gélules de tranxène 50 mg, mais personnellement je n’ai pas sombré dans les bras de Morphée et je m’en suis délecté.

J’en ai tout particulièrement apprécié son «Épître dédicatoire au Révérendissime Seigneur Don Spatino, abbé successeur de San Quintino, évêque de Casamarciano » qui fera l’objet d’un prochain billet.

En attendant, pour vous mettre dans l’ambiance et vous inciter à découvrir son livre ; une petite piqûre de rappel de « Bruno Giordano »… !

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Non, ne partez pas, juste une petite dose ; pour ceux qui en voudraient encore, je vous ais mis quelques liens en fin de ce billet.

En cas de migraines survenues après la lecture de ce qui va suivre, il ne sera admis aucune demande de dédommagement… !

Giordano Bruno, philosophe et théologien italien est né à Nola, à côté de Naples en janvier1548, mort à Rome en février 1600.

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Se basant sur les travaux de Nicolas Copernic et Nicolas de Cuse, il démontre, de manière philosophique, la pertinence d'un Univers infini, peuplé d'une quantité innombrable de mondes identiques au nôtre.

Il fait des études à l'université publique de Naples, où il découvrira la mnémotechnique, l'art de la mémoire, qui constituera rapidement l'une de ses disciplines d'excellence.

Il prend aussi des cours particuliers, qui le mettent au cœur des débats philosophiques entre platoniciens et aristotéliciens.

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En juin 1565, il entre chez les Frères prêcheurs de San Domenico Maggiore, prestigieux couvent dominicain réputé pour la qualité des titres qu'il attribue. Il est alors un dominicain modèle, vivant selon la devise :

«  verba et exempla »

(Par le verbe et par l'exemple)

Il est ordonné prêtre en 1573, devient Lecteur en Théologie en juillet 1575.

Finalement, en février 1576, il doit abandonner le froc dominicain et fuir, une instruction ayant été ouverte à son encontre qui doit le déclarer hérétique.

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De 1576 à 1592 s’ensuivra une période d’errance au cours de laquelle il changera fréquemment de villes. Son procès durera de 1592 à 1600.

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Sous la torture, il lui arrive de concéder un geste de rétractation, mais se reprend toujours. Le pape Clément VIII somme une dernière fois Bruno de se soumettre, mais il répond : « Je ne crains rien et je ne rétracte rien, il n’y a rien à rétracter et je ne sais pas ce que j’aurais à rétracter. »

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Le 20 janvier 1600, Clément VIII ordonne au tribunal de l’Inquisition de prononcer son jugement.

Bruno répond :

« Vous éprouvez sans doute plus de crainte à rendre cette sentence que moi à l’accepter. »

Il sera brûlé vif sur le bûcher de l’inquisition en février 1600.

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(Gallery Durand)

Pourquoi ont ils brûlé Bruno et non Galilée ?

« Pourquoi l’église s’est elle excusée, avec cinq siècle de retard, d’avoir intimidé Galilée mais n’a-t-elle jamais regretté d’avoir brûlé Bruno ? Derrière une analogie superficielle, leurs cas sont complètement différents.

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Avant tout, Galilée, comme Copernic sont des savants, on dirait aujourd’hui des scientifiques. Ils ne se préoccupent pas de religion et si leurs découvertes peuvent contredire les convictions des représentants de l’église, ça n’est pas à dessin. Bruno, durant son procès, prétendra être dans le même cas. Mais ce n’est qu’un adroit système de défense. Giordano Bruno n’a jamais été un homme de science. Parmi les thèses qu’on lui reproche, la réincarnation, la non création du monde et la non virginité de Marie préoccupent certainement beaucoup plus ses accusateurs que les mouvements respectifs de la Terre et du soleil.

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C’est un prêtre défroqué, anarchiste avant l’heure, dégoutté de la religion et ennemi déclaré du christianisme, à travers le quel il perçoit hypocrisie, exploitation des masses, obscurantisme et persécution. Si ses ennemis finiront par lui donner raison, au moins sur ce dernier point, il y mettra du sien.

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Car, c’est la seconde différence avec Galilée et les siens. Ils sont roseaux, il est chêne. Galilée, qui s’était déjà montré plus futé pour soutenir le principe d’inertie, a bien compris que « Et pourtant, elle tourne. » est une phrase qui ne se prononce qu’à voix basse. Bruno pendant sept ans, de 1593 jusqu’à la fin que l’on sait, va jouer avec ses tortionnaires un incroyable jeu de chat et de la souris. Il se rétracte… mais pas tout à fait. Il n’a jamais voulu dire que… mais il maintient que… Il abjure tout, mais à condition que le Pape lui donne raison !

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Un jour, il n’a plus pour sortir qu’à signer une déclaration dont il a négocié chaque virgule et, tout à coup, un doute lui vient sur tel point de détail. Pendant tout ce temps, il est affamé, torturé et on a l’impression que c’est lui qui mène la danse. Il use ses bourreaux, il excède l’Inquisiteur Suprême, le Cardinal de Santaseverina, il tue à la tâche ses tortionnaires. »

Quelques uns de ses ouvrages :

La Cena de le Ceneri (Le banquet des cendres)   

De la causa, principio, et Uno (La cause, le principe et l’un)   

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De l’infinito universo et Mondi (De l’infini, l’univers et les mondes)

Où il expose sa vision cosmographique audacieuse et révolutionnaire. Il y reprend les thèses coperniciennes du monde, et les approfondissant en imaginant un univers peuplé d’une infinité de mondes.

Spaccio de la Bestia Trionfante (L’expulsion de la bête triomphante) s’attaque aux attitudes calvinistes et catholiques.   

De gl’ heroici furori (Les fureurs héroïques) élimine l’idée d’un monde centré, présente un univers où Dieu n’a plus de lieu.

Cabala del cavallo Pegaseo (La cabale du cheval de Pégase) opuscule satirique, qui démolit systématiquement la vénérable référence aristotélicienne ; son « Épître dédicatoire au Révérendissime Seigneur Don Spatino, abbé successeur de San Quintino, évêque de Casamarciano » fera l’objet d’un prochain billet.

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Sources :

http://www.bruno-giordano.net/fr/index.html

http://www.astrofiles.net/article54.html

http://anti-phoenix.org/PlaneTes.htm 

http://g.courtial.free.fr/bruno.htm

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vendredi 30 mars 2007

Quand l’homme fait corps avec la nature… !

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Giuseppe Penone, dans cette sculpture :

« Continuerà a crescere tranne che in quel punto »:

Il continuera à croître sauf en ce point, a fait un moulage en bronze de sa main tenant le tronc d'un jeune arbre et il l’a fixé sur l'arbre, puis le temps a fait leur œuvre commune. L'arbre a continué à grossir tout autour de la main en bronze, incluant et impliquant l'artiste dans son développement qui n'a pas été altéré par l'intervention de l'homme.

Apprenons à respecter la nature.

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(Photo Mth Peyrin)

La respecter, c’est vouloir faire corps avec elle.

Épouser sa façon de vivre.

Admettre sa spécificité.

La protéger.

L’aimer.

Et je le redis comme dans mon article du 28 août 2006 :

HAMADRYADE

« Devenons tous des Hamadryades ! »

Et toi, oui toi, que fais-tu ?

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Descend de ton petit nuage rose… !

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jeudi 29 mars 2007

D’étoile en étoile… !

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Chris, tu as trouvé les mots qui m’incitent à reprendre mon chemin et petit à petit me dépouiller de cette honte… !

A ta demande, tout doucement, j’essaie de calmer cette tempête intérieure qui m’a provoqué du vague à l'âme… !

1temp_te

Je commence au loin à apercevoir les premiers rayons de soleil, l’horizon se dégage tout doucement, j’ai bon espoir d’apercevoir les premières étoiles scintiller dés la tombée de la nuit… !

2mon_chemin_compostelle

"Les gens ont des étoiles qui ne sont pas les mêmes.

Pour les uns qui voyagent, les étoiles sont des guides, pour d'autres elles ne sont rien que des petites lumières. Pour d'autres qui sont savants, elles sont des problèmes. Pour mon businessman, elles étaient de l'or.

4Voie_Lactee

Mais toutes ces étoiles-là se taisent. Toi, tu auras des étoiles comme personne n'en a...Quand tu regarderas le Ciel, la nuit, puisque j'habiterai dans l'une d'elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles.

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Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire..."

(Antoine de Saint-Exupéry)

Ce n’est pas encore la grande forme, mais même cahin caha, j’avancerai et j’adopterai l’attitude des canards… !

3canard

Tu vois, je t’ai écouté, j’ai repris ma pérégrination avec le sourire, il ne te reste plus qu’à venir me rejoindre… !

Chiche, je suis sûr qu’on va se marrer… !

pelerin

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