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(Shiva et la danse cosmique)

Une forme particulière de représentation de Shiva est Naṭarāja (le danseur cosmique, seigneur de la danse, de naṭa, danse et rāja, roi). Il est le plus souvent inscrit dans un cercle de flammes (prabhāmaṇḍala) signifiant qu'il consume les désirs dans le feu. Dans cette forme, il possède quatre bras tels que la main supérieure droite porte un tambour (ḍamaru) symbolisant la pulsion rythmique de l'univers, la main inférieure droite fait le geste de protection (abhayamudrā), la main supérieure gauche tient la flamme de la connaissance, l'inférieure gauche montre le sol.

 

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 (Buste féminin adossé à un rinceau Inde, Madhya Pradesh ou Râjasthân Epoque médiévale, Xe-XIe siècle de notre ère)

Depuis la plus haute antiquité, L’Inde a voué à la femme une dévotion particulière. Des figurines de la vallée de l’Indus aux déesses de la fertilité, en passant par les déesses protectrices sculptées à l’époque Gupta à l’entrée des lieux saints. A l’époque médiévale, la femme demeure un thème de prédilection pour les sculpteurs, qu’ils soient bouddhiques ou brahmaniques. Elle apparaît, comme ici, sous un aspect traditionnel qu’elle conserve à travers les siècles : sensuelle. Cette femme à l’arbre appuyée à un fragment de rinceau, et dont seul le buste subsiste, présente une poitrine généreuse, sa tête légèrement penchée vers la droite ainsi que la torsion du buste restituent peut-être la position d’origine en tribangha ou « triple flexion » caractéristique de la sculpture indienne. Les nombreux ornements qui la parent (boucles d’oreilles, long collier perlé) illustrent le goût passionné des femmes indiennes, depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, pour les éléments de parure. Le traitement naturaliste du corps, la rondeur des formes, la pureté et la grâce font de cette sculpture, une oeuvre pleine de charme qui était destinée à orner les parois des sanctuaires couvertes d’une multitude de déesses secondaires : les devatâ qui charment les dieux par leur présence, et de « femmes à l’arbre » : les shâlabhanjikâ, symbole de fécondité.

 

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(Avalokiteshvara / Guanyin)

En Chine, Bouddha Sakiamuni est rarement représenté. Il apparaît plutôt sous la forme du plus célèbre des bodhisattva : Avalokiteshvara, appelé Guanyin en Chine.

 

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 Il peut être représenté sous une forme humaine habituelle ou avec mille bras équipés de leurs attributs et onze têtes selon la légende.

 

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(Aspara/Devata)

Dans le Sanātana Dharma (Hindouisme), les Apsara sont des nymphes célestes d'une grande beauté, sorties des flots lors du barattage de la mer de lait. Ce sont les compagnes des Deva (entités bienfaisantes) autant que des Asura (démons). Elles symbolisent le plaisir des sens et de l'esprit. On dit qu'elles connaissent 64 manières d'éveiller les sens. Lorsqu'un ascète acquiert trop de pouvoirs, le dieu Indra lui envoie quelques Apsara, auxquelles il ne peut que succomber et en perdre ses pouvoirs. Elles sont généralement représentées comme de belles jeunes filles aux courbes sensuelles, légèrement vêtues et aux seins nus. On a pris pour mauvaise habitude de désigner les divinités représentées en bas-relief sur les murs des temples khmers par le nom d'apsara mais s’appelant en réalité Devata. Ces superbes créatures sont des êtres célestes d’une grande beauté, voués à la danse. Elles s’offrent en récompense aux guerriers valeureux morts au combat (dans l’hindouisme khmer uniquement).

 

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C'est dans les tombes de l'aristocratie Shang et Zhou que sont retrouvées des milliers de bronzes. Dans celle de l'épouse du roi Wuding des Shang, Fuhao, prêtresse et général en chef des armées. Des centaines d'objets en bronze, deux mille pièces de mobilier funéraire et une gigantesque cloche ont été exhumés en 1976. Plus de 30 000 fragments de modèles et moules en terre cuite sont sortis de la fouille de la fonderie de Houma au Shanxi. Le bronze est un alliage de cuivre et d'étain. Sa couleur dépend du pourcentage d'étain dans l'alliage. Les nuances varient du rougeâtre, au blanc argenté en passant par le jaune orangé au gris. Les inscriptions sur les objets racontent l'investiture d'un fief, l'attribution d'un titre ou la célébration d'un exploit militaire.

 

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Dans la société ritualiste de la Chine antique, le bronze était principalement employé pour fondre la vaisselle cérémonielle que l'on utilisait dans les sacrifices dédiés aux dieux du ciel, de la terre, des montagnes et des rivières. Cette vaisselle était également utilisée dans les banquets, offerte en récompense, et servait dans les funérailles pour la noblesse.

 

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Comme le bronze est un matériau durable et résistant, il était utilisé par les rois pour couler des vases en l'honneur des ancêtres des ducs, princes et ministres qui avaient apporté une grande contribution au pays ou au souverain, afin d'établir un modèle ou un souvenir pour les générations futures.

Sources : Documentations musée Guimet, Google.

Musique de la vidéo : Toujours les :

Mantra de Avalokiteshvara, chants des moines bouddhistes

En août 2013, j’avais consacré un billet, passé inaperçu (sauf par Nouratin), sur une exposition (au musée Guimet) consacrée aux bronzes rituels de la Chine ancienne, avec un montage photo. Pour ceux et celles qui souhaiteraient utiliser un de ces beaux vases pour y faire infuser un thé, je remets la vidéo.