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«  La vie n’est pas ce que l’on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s’en souvient ». Gabriel García Márquez

Représenter l’inracontable, telle est la mission que s’est donné l’artiste Juan Manuel  Echevarría à travers l’exposition. Pour beaucoup de Colombiens, en particulier les citadins, la guerre reste inconnue et étrangère, le conflit armé se déroulant principalement dans la forêt amazonienne.

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(Mon 1er dépeçage-Julio 2008)

Cette guerre qui échappe à tous les regards a perduré pendant plus d’un demi-siècle dans les territoires reculés de la Colombie où s’affrontent guérillas, paramilitaires et forces gouvernementales.

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Sur les murs de l’exposition, 27 peintures rendent ainsi compte de massacres, châtiments, séquestrations, viols et scènes de trafic de drogue. Les peintures ont été créées par des femmes et hommes ayant participé au conflit armé en Colombie, entre 1960 et les années 2000 : guérilleros, paramilitaires, tous étaient soldats. Ils ont été témoins d’actes d’une extrême violence, ils ont eux-mêmes parfois commis des atrocités : c’est leur propre histoire qu’ils racontent.

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(À gauche :Sans laisser de traces, John Gerardo)

(À droite :Terreur et désespoir pour le para-militantisme, Silfredo)

 « Ces peintures n’ont pas un grand intérêt, l’intérêt est dans ce qu’elles racontent, dans le fait de faire savoir ce qui s’est passé »

« Personne n’a appris à personne à peindre. On leur a seulement donné du matériel », précise l’artiste à l’origine du projet. Du matériel (peinture et tablettes en bois de 50 x 35 cm) fut remis à chaque participant selon ses désirs, pour qu’à l’image des pièces d’un puzzle, il puisse construire son image. Juan Manuel Echavarría a substitué les pinceaux aux armes pour faire émerger ce qui ne pouvait être dit. Sous l’apparence naïve d’un dessin coloré aux formes sommaires émergent une violence et une barbarie. « Et si les œuvres réalisées par d’anciens bourreaux révèlent la cruauté et l’horreur de leurs actes, elles ont aussi pour but d’éduquer contre la guerre », explique Juan Manuel Echavarría.

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J'ai beaucoup aimé cette photo, où l'on ne peut pas dire qu'il n'y a plus un chat.Tout un symbole...! Ce sont des photographies d’écoles abandonnées durant la guerre dans les villages colombiens, qui nous  plongent dans une drôle d’atmosphère, pesante.

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 Une des salles est consacrée à une série de tapisseries brodées, réalisées par 15 femmes afro-colombiennes d'un village. "Les brodeuses de Mampujan".

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Le village de Mampujan était situé entre Carthagène, ville portuaire, prospère et touristique (et lieu de transit de drogue), et los Montes de Maria, région montagneuse et sauvage. En 2000, le village est massacré par un groupe de paramilitaires narcotrafiquants qui réquisitionnent les lieux dans le but d’organiser leur trafic incognito. Une partie des habitants est tuée, 245 familles sont déplacées contre leur gré.

 

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Juan Manuel Echavarria raconte : « Elles sont allées très loin dans leur mémoire. Elles ont brodé un tapis dans lequel elles s’imaginaient vivre en Afrique, un autre sur la traversée et l’esclavage. Elles ont raconté l’histoire des enchères négrières ici à Carthagène »

Pour vous faire une idée plus complète de cette exposition, je vous invite à visionner le montage vidéos-photos.

 

Sources : Dossier de Presse.