vendredi 25 août 2006

Qui de l’homme ou de la Nature aura le dernier mot ?

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André Brincourt, dans un essai paru chez Grasset (Tête-de-loup), nous livre ses craintes sur les rapports de l’Homme avec la Nature.

« L’homme s’est grandi en se surpassant dans ses victoires sur la Nature ; il saura encore améliorer ses scores.

C’est, paraît-il, dans l’ordre des choses. Mais l’homme ne peut ignorer qu’in fine, la Nature reprendra ses droits dans une sorte de surordre où il n’aura rien à dire, rien à faire et plus rien à penser – soit que les conséquences mêmes de ses enjeux, de ses défis, le conduisent à rompre les écosystèmes et les équilibre naturels de la vie sur terre ; soit que la Nature elle-même – imprévisible et capricieuse – ne mette un terme à toute coexistence avec un être dérangeant.

eruption

Comment n’être pas frappé par la mesure et la démesure de nos rapports avec la planète qui nous a accueillis !

Je dis « démesure » parce que toute évocation, toute évaluation, nous ramène, sur le plan humain, sur le plan spirituel, à des proportions inquiétantes.

Je dis « démesure » parce qu’au fond de nous-mêmes, dorment encore les vieux mythes qui ont jadis nourri nos pensées, nos angoisses, nos rêves, nos philosophies, nos cosmogonies*.

Le D’où vient-on ? Qui sommes-nous ? Où va-t-on ? ne nous oblige pas sans effort (Pascal dirait sans effroi) à faire passer la démesure pour la mesure de l’homme.

Le reste n’est pas seulement littérature, mais billevesées** ».

Je ne peux que souscrire à son analyse.

Nous détournons des rivières, nous construisons des barrages.

construction__barrage

Nous autorisons la déforestation à outrance.

deforestation

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Nous jouons à l’apprenti sorcier avec le nucléaire.

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Nous ne prenons pas sérieusement en compte les émissions de gaz qui détruisent inexorablement la couche d’ozone, avec les effets à plus ou moins long terme que l’on connaît.

rechauffement

Nous autorisons des constructions dans des zones à risque ou qui devraient être classées en zones protection de la nature.

inondation

Nous autorisons les O.G.M.

Nous utilisons toujours plus d’engrais ou de pesticides qui vont rapidement polluer rivières, fleuves et nappes phréatiques etc .

Quand prendrons-nous conscience que nous sommes dépositaires de cette Nature, qui nous permet avec plus ou moins de bonheur, selon l’endroit où nous vivons d’en jouir.

nature

A nous de la préserver avant que de génération en génération nous la détruisions lentement mais sûrement !

Quid ? Quelle sera la place de "l’Humain" ou de son nouveau clone,

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dans une Nature morte ?

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*Cosmogonies : Ensembles de récits mythiques ou de conjectures scientifiques, cherchant à expliquer l'origine et l'évolution de l'univers.

« La cosmogonie est un genre littéraire d'une remarquable persistance et d'une étonnante variété, l'un des genres les plus antiques qui soient. On dirait que le monde est à peine plus âgé que l'art de faire le monde. » Valéry (Variété)
**Billevesées : Propos, écrit vide de sens et souvent erroné. Synonyme : baliverne, faribole, sornette.

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jeudi 24 août 2006

La colère, hélas ! Combien elle change une figure avenante ! [Fo-sho-hing-tsan-king]

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« Une femme* en courroux est comme une fontaine troublée, fangeuse, sans transparence, sans pureté : elle perd toute sa beauté ; et, tant qu’elle est dans cet état de trouble, personne, dans l’excès même de la soif plus brûlante, ne daignera boire de son onde, ni seulement en approcher ses lèvres. » (Jules du Vernay)

*Toute ressemblance avec une blogueuse serait le fait du hasard !

Heureusement comme le disait Horace : «Ira furor brevis est » la colère, comme toute passion violente, est une aliénation mentale momentanée.

Elle n’est pas belle la vie ?

Elle nous file chaque jour entre les doigts.

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Alors pourquoi se la compliquer, comme un de mes chats: restons COOL!

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Nota Bene : Pour les féministes, la colère n’est pas l’apanage de la femme.

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mercredi 23 août 2006

Une rousse (ça change des blondes) écrit à son fils :

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Je t’écris ces quelques mots pour que tu saches que je t’écris.

Donc, si tu reçois cette lettre, cela voudra dire qu’elle est bien arrivée ; sinon , préviens-moi, que je te l’envoie une seconde fois.

Je t’écris lentement, car je sais que tu ne lis pas rapidement.

Ma santé va mieux depuis que le docteur m’a dit de remplacer le beurre par de l’huile d’olive, mais j’ai pas envie sur des tartines du petit déjeuner.

Dernièrement, ton père a lu une enquête disant que la plupart des accidents se produisaient à quelques kilomètres de la maison ; c’est pour cela que nous avons décidé de déménager un peu plus loin.

Notre nouveau voisin, c’est un homme très vulgaire du genre de ceux qu’on voit à la télé ;  ça se passe tellement mal que c’est plus des dommages et intérêts qu’il me doit mais des dommages de guerre ! On ne s’est pas battu, on a juste eu des mots à coups de poing ! Ce n’est pas moi qui lui ait dit que j’allais l’étrangler puisque j’avais des bandages aux pieds. Non seulement je ne peux pas te dire son identité, mais en plus je ne connais ni son nom ni son adresse. Les voisins ça sert qu’aux ennuis.

La maison est splendide, il y a une machine à laver, mais j’ignore si elle est en service.

Hier j’y ai mis le linge, tiré sur la chaînette et tout a disparu ! Je cherche le mode d’emploi.

Le temps n’est pas trop désagréable ici ; la semaine dernière, il n’a plu que deux fois : la première pendant trois jours, la seconde quatre jours.

A la boulangerie il y a toujours la queue et pourtant ils ne vendent pas de la bonne viande.

Pour acheter des cigarettes, je suis obligée d’aller au bistrot qui les vend et à chaque fois ils m’obligent à boire, même pour un paquet. Chez nous, les commerçants, ils ne pensent qu’à faire du commerce. De tout le village c’est moi que je préfère.

Hier j’ai croisé un chien qui me regardait gentiment alors qu’il avait que l’idée de me sauter ;

même si j’ai mordu le chien, il a fini par être plus fort que moi.

Pour ce qui est des ravages que notre chien aurait fait dans tout le village, c’est juste des racontars de radins qui voudraient se faire rembourser des poules qu’ils ont déjà mangées depuis longtemps.

Au sujet du manteau que tu désirais, ton oncle Pierre a dit que si je l’expédiais avec les boutons qui sont trop lourds, cela coûterait très cher, alors je les ai arraché et les ai mis dans une des poches.

Ton père a trouvé du travail, il a sous lui environ 500 personnes…il fauche les herbes du cimetière.

Ta sœur Julie, qui vient de se marier, attend un heureux événement ; nous en ignorons le sexe, c’est pourquoi je ne peux te dire si tu seras oncle ou tante.

Si c’est une fille, elle a l’attention de l’appeler comme moi ; cela fera drôle d’appeler sa fille « maman » !

Ton frère Jean a eu un gros problème, il a refermé sa voiture avec les clés à l’intérieur ; il a dû retourner à la maison à pied pour récupérer le second jeu de clés et revenir nous sortir du véhicule.

Si tu as l’occasion de rencontrer ta cousine Monique, donne-lui le bonjour de ma part. si tu ne la vois pas, ne lui dis rien.

Ta mère

P.S : Je voulais te mettre un peu d’argent dans l’enveloppe, mais je l’ai déjà collée.

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lundi 21 août 2006

La Côte Saint-André, pays natal de Berlioz

Berlioz

La Côte-Saint-André, est une petite ville de 5000 habitants, sise à 400 mètres d'altitude, sur le flan d'un coteau qui domine la plaine de la Bièvre, à 50 Kms de Grenoble.

Plaine_Bi_vre

Elle est le pays natal du compositeur Hector Berlioz et terre d'accueil du peintre Johan Barthold Jongkind.

jongkind_autoportrait

Le site est occupé depuis le Moyen Age, période à laquelle, le nom de Santi Andréa de Costa apparaît sur des documents officiels.

La ville est donc ancienne et possède des édifices présentant une architecture variée du XI ème, XVI ème et XIX ème siècle.

Nombre d'entre eux sont classés monuments historiques.

C'est le cas de l'église Saint André qui a été construite au XI ème par les moines de Saint Ruf.

LaC_te__glise

Elle a traversé les temps troublés de notre histoire, son clocher est d'origine romane, Berlioz y a été baptisé.

La construction du château dit Louis XI qui domine la ville, a été commandée par Philippe de Savoie en 1260, au célèbre architecte Jacques de Saint-Georges.

chateau_louisXI

Malheureusement, l'édifice médiéval a été détruit durant les guerres de religion. Le château qui se dresse à présent a été reconstruit au XVII ème et remanié au XIX ème. Il subsiste encore une tour en brique d'origine médiévale.

La Halle est également intéressante puisqu'il s'agit de l'une des plus vaste de France pour la période médiévale. Elle témoigne de l'essor commercial de la ville où se tenaient de nombreux marchés réputés jusqu'au XIX ème. (source iseria)

halle

Aujourd'hui encore la tradition persiste, puisqu'elle abrite foires, marchés ainsi que les concerts d'été du Festival Berlioz.

C’est ainsi qu’hier après-midi, j’ai réalisé quelques photos lors d’une manifestation « Des vieux sabots et dentelles » ; pour l’occasion de nombreux habitants s’étaient déguisés comme au début du siècle dernier.

Les personnes figurants sur les photos, m’ont donné leur accord pour les publier.

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A voir dans les environs les ruines du château de St Pierre de Bressieux.

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samedi 19 août 2006

Mes champipis, mes champipis, mes champignons!

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Je me suis laissé dire qu'il y a des blogueurs qui osent prétendre que le Suricate a la vue basse!

Comme les cèpes ne poussent pas dans les arbres, ma vue perçante m'a permis d'en dénicher les premiers au ras des paquerettes.

La chasse au Loup n'étant pas autorisée!!!

Voilà le résultat de ma myopie!

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mercredi 16 août 2006

Pouvoir quand tu nous tiens!

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« Quand le peuple ne craint plus le pouvoir, c'est qu'il espère déjà un autre pouvoir. » Lao Tsu

« Notre pouvoir scientifique a dépassé notre pouvoir spirituel. Nous savons guider des missiles mais nous détournons l'homme de sa voie. » Martin Luther King

En fait qu'est-ce que le pouvoir ?

«Le pouvoir est la possession des facultés ou des moyens nécessaires pour faire concourir les autres hommes à ses propres volontés. Le pouvoir légitime est celui qui détermine les autres à se prêter à nos vues, par l’idée de leur propre bonheur : ce pouvoir n’est qu’une violence quand, sans aucun avantage pour nous, ou même à notre préjudice, il nous oblige de nous soumettre à la volonté des autres.» Holbach (le système social).

« C'est la réponse à la volonté de chaque individu d'être premier, irremplaçable et constamment prioritaire. Il n'y a d'hommes dignes d'exercer le pouvoir que s'ils ont assez de force d'âme pour le refuser ». Maurice Druon

Notre société, est manipulée par toutes les formes de pouvoir, à nous d’être vigilants et tels les moutons de Panurge, attention à ne pas faire le saut dans le vide. Ce saut est souvent sans issue de retour. Je pense notamment aux sectes et à leur pouvoir de manipulation ou *pouvoir psychologique.

Ainsi, le pouvoir engendre-t-il une relation dissymétrique entre un ego sachant et voulant et une masse amorphe, ignorante et sans vouloir. C’est pourquoi il sera à la fois admiré, respecté, envié, haï.

Le pouvoir de l’argent : vaste sujet, notre société de consommation nous incite à consommer plus que de raison. Vous n’avez pas de fric ; ce n’est pas grave,  la Société de Crédit  Picsou dont la devise : «Ni vu ni connu je t’embrouille » vous propose d’acheter le nécessaire et le superflu à crédit. Comment voulez-vous qu’un client potentiel, manquant de jugement, peu intelligent, et pas éclairé du tout sur les risques d’endettement ne se laisse pas prendre dans ses filets. Nous les retrouvons plus tard en marge de la Société.

Le pouvoir exercé par : des « fous », des tyrans, des despotes, des illuminés, conduit à l’avilissement de l’homme. Hitler (et ce n’est pas le seul),  en a été un parfait exemple. Si les gens n'abusaient pas de leur pouvoir, il n'y aurait pas de guerre, de crime, d'enfants violentés etc. la liste en est malheureusement trop longue !

*Le pouvoir psychologique : Un des plus dangereux, quand on voit ce que des fanatiques, peuvent exercer par de l’endoctrinement sur des êtres faibles psychologiquement, en les poussant à commettre des atrocités. N’est-ce pas Mr Ben Laden ?

Il y a d’autres formes de pouvoir psychologique, les sectes et leurs gourous, secondés par leurs sbires en usent et abusent !

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« Consentir à autrui le pouvoir de vie et de mort sur soi, ou se croire  au-dessus de tout qu'on puisse décider du prix de telle ou telle vie, c'est quitter toute dignité et laisser le mal devenir une valeur. » Michel Quint (Effroyables jardins).

Le pouvoir supra normal: Capacité de l’être humain, à influencer les comportements des autres, l’aspect des choses, le lieu de dépôt des objets ou leur statique, à des fins louables de prime abord , mais peu recommandable après analyse approfondie.

Charlatanisme ou réalité ? Le phénomène existe de nos jours, et ne semble pas devoir faire se relâcher l’étreinte qu’il exerce sur l’homme. Les « fofanas », sorciers, voyantes en tout genre se remplissent les poches en abusant leurs clients, momentanément faibles psychologiquement, suite à un événement (séparation, deuil, perte d’emploi etc.)

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La prise de pouvoir : Selon les sociétés et les régimes, des partis, des factions, des clans ou des familles se battent pour prendre le pouvoir ou s’y maintenir. La réflexion sur le pouvoir est au centre de la philosophie politique : depuis Platon, elle ne cesse de se demander comment et à quelles conditions un ou plusieurs hommes peuvent gouverner toute une cité.

Du procès de Socrate à l’affaire Dreyfus (voilà 100 ans qu’il était réhabilité)  et aux purges staliniennes, des tueries de César Borgia aux camps de concentration hitlériens, le scandale de l’abus de pouvoir renouvelle toujours l’interrogation sur ce qui justifie le pouvoir politique et sur ce qui pousse tant d’hommes à risquer leur vie ou à l’user pour conquérir le pouvoir et l’exercer.

Si l’on en croit Alain, les hommes libres « savent bien que tout pouvoir abuse et abusera ». Et pourtant, même si l’on en rêve parfois, on ne conçoit pas de société humaine sans pouvoir. L’ambiguïté de l’idée de pouvoir exprime donc bien la réalité ambivalente qu’elle désigne.

Le pouvoir politique : « Les détenteurs du pouvoir politique assurent généralement l’exécution de leurs décisions par un mélange, en proportions variables, d’autorité et de coercition. Pour soumettre les personnes ou les groupes récalcitrants aux règles prescrites, aux jugements rendus et aux ordres donnés pour l’action collective, ils ont recours aux instruments de la puissance publique : armée, police, milice ou, dans certaines civilisations, sorciers, rites d’appel aux forces surnaturelles ou à la colère des dieux, d’immolation ou d’exécration.

Ainsi, chez les Cheyenne (Indiens d’Amérique du Nord), les six associations de guerriers intervenaient pour réprimer les délits (vol de chevaux, indiscipline pendant la grande chasse aux bisons) mais ils appliquaient la règle fondamentale de cette culture selon laquelle tout châtiment doit être suivi d’une réhabilitation……

Cependant, comme le dit Rousseau, « le plus fort n’est jamais assez fort pour être toujours le maître s’il ne transforme sa force en droit et l’obéissance en devoir » (Du contrat social).

Le pouvoir politique ne peut être uniquement ni indéfiniment coercitif et répressif.

dictature

L’obéissance est consentie aux commandements des gouvernants dans la mesure où les gouvernés croient que leur pouvoir est légitime….

Mais tout pouvoir n’est pas politique : il y a un pouvoir domestique, un pouvoir économique, un pouvoir religieux, etc.

Le pouvoir individualisé : quand celui qui exerce le pouvoir le possède comme un bien propre dont il peut user et abuser à sa guise, sans être astreint à observer des règles préétablies. La volonté du chef, du seigneur ou du prince fait toute loi et n’est elle-même obligée par aucune loi ». J.W.Lapierre

Tout pouvoir revendique normalement un titre quelconque qui l’impose aux individus placés sous sa tutelle. L’incompétence est la forme la plus simple de l’excès de pouvoir.

Affirmation de l’individu dans sa singularité, le droit naturel correspond au pouvoir que possède chacun d’exercer sa force, sa puissance. Chacun pour vivre, pour étendre son empire, a envie de détruire l’autre. C’est la lutte à mort que chacun veut gagner à tout prix et à laquelle aucune possession ne paraît pouvoir mettre fin. Chacun paraît pour l’autre son double monstrueux, son jumeau haïssable. Ce que chacun désire, c’est le pouvoir de l’autre.

Hobbes écrit « Par mœurs, je n’entends pas ici les bonnes manières, par exemple la façon dont les gens doivent se saluer, se laver la bouche ou se curer les dents en compagnie, et tous les articles de la petite morale, mais les qualités des hommes qui intéressent leur cohabitation pacifique et leur réunion. Or, à cet égard, l’obstacle primordial, commun à toute l’humanité, est  le désir perpétuel d’acquérir pouvoir après pouvoir, désir qui ne cesse qu’à la mort ; le pouvoir d’un homme consistant dans ses moyens présents d’obtenir quelque bien apparent futur ».

Lors d’un long conciliabule une amie me disait: «  le pouvoir de la douceur, le pouvoir de l'amour, le pouvoir des mots, mais n'est ce pas de la manipulation ? »

Manipulation, pas forcément, si celui qui les exerce le fait aussi avec son cœur et non seulement avec sa raison.

Le plus difficile à faire, se conquérir soi-même ; notre intelligence doit faire la part des choses afin de ne pas abuser du pouvoir que nous pouvons imposer aux autres.

Je citerai Sénèque : « Celui-là est le plus puissant qui a tout pouvoir sur soi ».

Et, Frank Herbert : « On utilise le pouvoir en le tenant avec légèreté. Si on le serre trop fort, on est pris par lui, on en devient la victime ».

En conclusion, pour utiliser à bon escient notre pouvoir, (Ouf, je commençai à manquer de sel !) essayons d’appliquer ce que disait Thalès : « CONNAIS TOI TOI-MEME ».

En secouant la salière, quelques grains d’espoir, avec un extrait d’une chanson de Michel Berger.

Moins de haine, moins de guerre

Moins de larmes et moins de sang

Moins d'espoir d'être puissant

Moins de POUVOIR et moins d'argent

Et plus de sentiments

Sources :

Encyclopédie Universalis

http://www.evene.fr/ citations

Sceptre

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mardi 15 août 2006

Tu m'écoutes quand je te parle?

Pour communiquer il faut être au minimum deux.

Les moyens de communications modernes (Internet, portables), nous incitent à une communication entourée de la barrière protectrice « La distance ».

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Photo l'express magasine

Alors dois-je privilégier la communication virtuelle ou celle du face à face ?

Difficile de choisir, c’est une question d’aisance.

Je suis timide, j’ai de la difficulté à m’exprimer en public, le dialogue épistolaire me conviendra mieux.

Je suis à l’aise en société, je ne suis pas introverti, le contact visuel ne me posera pas de problème.

Si tu te mets en face d’une glace et tu te causes ; dans ce cas tu as toujours raison : donc peu d’intérêt !

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Communiquer c’est échanger, je suis émetteur pendant que tu es récepteur.

J’émets, tu m’écoutes : tu émets, je t’écoute ; à mon avis le meilleur moyen de dialoguer.

Malheureusement nous ne savons pas écouter, nous monopolisons la parole ; regardez les débats télévisés, une vraie cacophonie !

« Passer à la télévision est le rêve de tous les m'as-tu-vu qui, à tort ou à raison, s'imaginent avoir quelques choses à communiquer aux autres. » [Jean d'Ormesson]

Personnellement, j’ai une petite préférence pour l’échange de visu, et comme me disait une amie ; «le charme d’une rencontre, le regard, un sourire…la chaleur humaine tout simplement… ». Tant il est vrai que le regard permet souvent de voir si notre interlocuteur est en phase avec ses paroles ; une personne qui me parle en regardant ses pieds, je n’aime pas !

De toute façon une communication virtuelle ou réelle, ce n’est qu’une question de mots !

La poésie est une harmonie de mots.

mots

Mots doux, sucrés, mots bonbons à sucer sur le bout de la langue

mots durs, cassants, blessants, mots lames à raser qu'on enfonce en plein cœur

grands mots, ronflants, gonflés mots ballons qui s'en vont au vent

petits mots de tous les jours, mots cailloux à semer sur mon chemin

mots comme ci et mots comme ça

mots d'ici et mots de là-bas

tout un tas de mots

à moi.

Bernard Friot

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dimanche 13 août 2006

Le Palais Idéal de Ferdinand Cheval, facteur de la Drôme

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Tout le monde, enfin presque est en vacances ; les conditions météo ne prédisposant pas à la « bronzette », si vous êtes dans le triangle Lyon, Valence, Grenoble allez visiter le Palais idéal du facteur Cheval à Hauterives. Ce n’est pas Versailles, mais vous pourrez de visu constater le travail incroyable qu’a réalisé cet artiste.

" Ferdinand qui ? Vous demandez-vous. "Je n'étais pas un bâtisseur, je n'avais jamais tenu de truelle de maçon, je n'étais pas sculpteur. J'ignorais tout du ciseau : sans parler de l'architecture, un domaine où mon ignorance était totale." Alors qui était-il ? Et bien, l'humble facteur, bien entendu, du village d' Hauterives dans le département pittoresque de la Drôme, au sud de la France. Un facteur sans grande éducation, un facteur qui avait si peu voyagé et qui construisit seul à main nue un extraordinaire temple à la nature désormais classé monument historique en France, ses 33 années de sang, sueur et larmes fêtées et reconnues par le monde artistique et intellectuel. Pas si mal pour quelqu'un que les habitants de la région se plaisaient à qualifier d'idiot du village.

La tournée de Ferdinand Cheval couvrait 32 kilomètres par jour, traversant souvent des endroits défoncés à l'accès difficile, des raidillons épuisants sur un terrain pénible et caillouteux. Il fit pendant dix ans la même tournée à pied. Pendant tout ce temps, il dormait dans des granges, se réchauffait au foyer d'une ferme accueillante, avant de reprendre encore et toujours ses longues marches solitaires par tout temps. Du plus profond de sa solitude, Ferdinand avançait - errance mystique et visionnaire vers l'inconnu. Bien qu'il ne comprit jamais vraiment le sens de ses étranges visions - "j'étais comme en transe" - il fut pendant longtemps hanté par les images d'un palais éblouissant. Puis un jour de 1879 le facteur Cheval, ainsi l'appelait-on, trébucha sur une pierre...(qui) raviva son rêve secret : construire un palais - un château fantastique. Retournant au même endroit le lendemain, il trouva une série de pierres encore plus attirantes. Il commença à les ramasser, remplissant d'abord ses poches, puis des paniers - et finalement une brouette.

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"Il y a loin du rêve à la réalité", comme l'exprimait lui-même le légendaire facteur. En effet, 10 000 jours, 93 000 heures et 33 ans d'épreuves - pour être précis - les vingt premières années consacrées uniquement aux murs extérieurs. "Plus opiniâtre que moi se mettre à l' oeuvre"... Amassant les pierres en petits tas de 40 kilos, il retournait les chercher la nuit avec sa brouette, rallongeant ainsi sa tournée quotidienne de 8 à 20 kilomètres, sans compter l'incroyable volume de travail qu'il consacrait à la construction du Palais lui-même...

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...Et alors les intellectuels s'emparèrent de cet homme et encensèrent son génie. Certains avant, mais la plupart après sa mort. André Breton... D'autres ont vu dans le Palais le Temple d'Angkor, une grotte, l'art de Gaudi, de la sculpture moderne, les décors de Méliès, le château de Neuschwanstein, des créations en sucre d'orge et un paysage sous-marin. En réalité, bien avant Dali, Cheval a transformé avec passion la matière rétive en formes douces et fluides, tels ses jets d'eau pétrifiés au-dessus d'une fontaine. Inspiré par sa propre vision, cet homme simple sans culture a réinventé les toiles de Gustave Moreau, les dessins des médiums, l' oeuvre graphique de Victor Hugo... Mais ne vous laissez pas bercer par l'idée que Cheval rangea ses outils quand il eut terminé son palais. Rien n'est si simple. Il aurait voulu être inhumé au coeur de son oeuvre ... les autorités locales refusèrent de lui accorder les autorisations nécessaires... âgé alors de 78 ans, il s'embarqua dans la construction de son propre tombeau dans le cimetière paroissial - une autre époustouflante création achevée seulement huit ans plus tard. C'est finalement le 19 août 1924, vingt mois après avoir terminé son tombeau que mourut à 88 ans à Hauterives, l'exceptionnel Facteur Cheval..."

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Texte intégral de Jeremy Josephs

Photos : Dominique D.

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samedi 12 août 2006

Entre la chair et la chemise….

Proverbes :

Entre la chair et la chemise il faut cacher le bien qu'on fait. (Il faut faire le bien sans ostentation)

La peau est plus proche que la chemise. (Les intérêts personnels passent avant ceux des autres.)

Auguste

A ce propos, connaissez-vous l’origine de la chemise ?

Ancêtre de la chemise, la tunica interior, pièce en lin pourvue de manches se portant à même la peau, est apparue à Rome dès le IIIè siècle. Il importait de l'accompagner d'une ceinture au risque, sans cela, d'être inconvenant !

Le mot chemise, dans sa forme latine camisias, est relevé plus tardivement, vers la fin du VIIIème siècle. Mais c'est avec les Croisés, qui rapportèrent d'Orient des vêtements en usage chez les Perses, que la chemise trouva sa structure définitive avec les manches coupées séparément et cousues aux emmanchures.

Durant le Moyen-Âge, la chemise se répandit parmi toute la population occidentale. Les seigneurs prirent l'habitude d'en revêtir leur cuirasse lors des tournois.

chevalerie

Le combat achevé, ils la retournaient à la dame qui la leur avait offerte, comme un message d'amour ou de mort, lorsqu'elle se trouvait maculée de sang.

On la nomme alors la chaisne ou chainse, elle est longue en forme de T, faite en toile de lin, fendue à l'encolure, plissée ou non et portée ordinairement sur la robe de dessus qui s'appelait le bliaud.

A partir de la Renaissance, la chemise devint un signe de distinction sociale, des vestes échancrées permettant de mettre en valeur la qualité du tissu.

Si un gentilhomme se reconnaissait de loin, comme l'écrit Saint-Simon, à son odeur épouvantable, c'était également à la blancheur de sa chemise que la sueur du labeur ne salissait pas.

Devenu un geste automatique, l'enfilage de la chemise a pu prendre des allures de rituel. Présentée au Roi en signe d'hommage par un prince du sang, elle était passée avec l'aide de deux personnes, une pour chaque manche, pour qui ce privilège était insigne. D'utilitaire, le port de la chemise devenait un plaisir. On s'en offrait, à l'occasion de visites protocolaires, mais ce cadeau pouvait s'avérer empoisonné, au sens premier de l'expression. Il suffisait pour cela d'imbiber le tissu de substances nocives, comme la fameuse tunique de Nessus*, un Centaure qui fit périr Héraclès par ce procédé.

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(Arnold Böcklin, Nessus und Deianeira, 1898)

La chemise prit de la couleur seulement vers 1860, dans la discrétion des tons pastel. Les Garibaldiens poussèrent la nuance jusqu'au rouge écarlate, et cette habitude de manifester ses idées par la teinture perdura durant le XXè siècle. Aujourd'hui, très rares sont les hommes, sur quelque continent que ce soit, qui ne portent jamais de chemise, à tel point que ce simple vêtement symbolise l'intégration dans le monde moderne, même s'il se trouve parfois délaissé pour des articles plus décontractés.

*Nessus (personnage de la mythologie grecque), centaure, fils d’Ixion, qui, après avoir transporté Déjanire, épouse d'Héraclès, au delà de l'Achéloos, voulut l'enlever. Héraclès le tua en le perçant d'une flèche trempée dans le sang de l'Hydre de Lerne. Nessus donna en mourant sa tunique à Déjanire, comme un philtre qui pouvait lui ramener son mari, s'il devenait infidèle; cette tunique, imprégnée de sang empoisonné, causa la mort du héros.

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vendredi 11 août 2006

Le cabas ou l’art et la manière d’offrir des pots de vin !

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Les « pots de vin » ou » dessous de table », affaires de corruption ont de tout temps impliqué des personnages importants ; ministres, députés, maires, édiles etc. (la liste en serait trop longue !).

Le Suricate fouineur a déniché cet article intitulé : Le cabas.

A propos des mégères en question dans le procès des décorations, Aurélien Scholl* écrit :

Aur_lien_Scholl

« Au palais de justice, parmi  toutes ces figures pointues, osseuses, livides, les femmes vont et viennent, arrêtant par la manche les huissiers et les municipaux.

Une femme de chicane est de la force de cinquante avoués vapeur. Celle-ci connaît le code de procédure comme un huissier qui, rayé de la corporation, aurait ouvert un cabinet d’affaires. Celle-là en remontrerait au receveur de l’enregistrement. Il y a autant de subtilité dans son esprit desséché et racorni qu’il y a de rides sur son visage et d’assignations dans son cabas. Le cabas est aux femmes d’affaires ce qu’est le portefeuille aux ministres, la serviette aux avocats.

C’est dans un cabas que se trimbalaient les traites du général Caffarel** ;

CAFFAREL

c’est dans un cabas que Mme Limousin apportait les pots de vins aux fonctionnaires cupides et endettés. Machiavel en jupon, Mazarin en cornette, elle entrouvrait, ou refermait le cabas tentateur, étudiant l’effet dans l’œil du fonctionnaire protesté, saisi, sur le point d’être vendu.

Ministres, sénateurs et députés, défiez-vous des cabas ! »

lingot

*Aurélien Scholl (1833 – 1902). Son ironie cinglante, et ses articles agressifs lui firent de nombreux ennemis ; il dut se battre plusieurs fois en duel.

**En octobre 1887, le général Caffarel est impliqué dans une affaire de corruption. Il est accusé de monnayer des décorations militaires et de favoriser des concurrents dans l'attribution de marchés militaires. Un conseil d'enquête présidé le 12 octobre 1887, par le général Saussier, se prononce à l'unanimité sur sa culpabilité. Il est privé de ses décorations et mis d'office à la retraite pour "fautes contre l'honneur". Sa carrière militaire s'achève. Il décède en août 1907.

[ En France, le scandale des décorations de la Troisième République a débuté le 7 octobre 1887 lorsque la presse dévoile un trafic de décorations mis en place par Daniel Wilson, gendre du président de la République Jules Grévy et député d'Indre-et-Loire.

L'enquête révèle que Wilson a revendu depuis un bureau de l'Élysée des milliers de décorations - notamment la Légion d'honneur pour 25 000 Francs de l'époque notamment pour verser des subventions à des journaux de province. Parmi ses complices, on compte le général Caffarel, une dame Limouzin, une dame Ratazzi.

La rue, les journalistes, les politiciens mais surtout Georges Clemenceau et Jules Ferry s'acharnent sur le président Jules Grévy et le poussent à la démission après un vote du parlement.

Quant à Daniel Wilson, protégé par son immunité parlementaire, il siège crânement dans l'hémicycle. Il finit par être condamné en 1888 mais est acquitté en appel: il avait été poursuivi pour « corruption de fonctionnaire », or un député n'étant pas fonctionnaire la procédure avait été déclarée nulle. Aussitôt il revint imperturbablement à l'assemblée, indifférent aux quolibets et à l'opprobre de ses collègues. Il sera réélu en 1893 et en 1896. La confusion profite au général Boulanger. (Source Wikipedia)]

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