dimanche 10 juin 2007
Journée des dupes… !
(Photo perso)
Rassurez-vous, je ne vais pas vous parler de celle du 10 novembre 1630, où la reine mère Marie de Médicis sermonne son fils et l'adjure de se séparer de Richelieu.
Prière rejetée par Louis XIII, qui renouvelle sa confiance au cardinal.
D’où la célèbre phrase de Bautru, comte de Serrant:
«C'est la journée des dupes !».
Le but de ce court billet et simplement de vous rafraîchir la mémoire.
Certains de nos impétrants à la députation se sont déguisés en bateleurs haranguant les futurs votants, tel des camelots de foire, nous promettant qu’ils s’étaient amendés, qu’ils ne retomberaient pas dans leurs anciens travers qui les avaient conduits en prison ou condamnés à une inéligibilité de quelques années.
Ils oublient de nous dire que c’est pour mieux nous manger qu’ils refont leurs simagrées de vierge n’ayant jamais péché… !
Prendre les mêmes qui s’en sont mis plein les poches et recommencer… ?
Non, merci, je n’ai plus confiance, ce ne sont pas vos discours de langue de bois et vos sourires en « cul de poule » qui m’ont convaincu de votre honnêteté, vous puez l’arrivisme.
J’ai horreur de ce parfum si particulier des « Faux culs » fait d’un tiers de malhonnêteté, d’un tiers de narcissisme, d’un autre tiers d’arrivisme et d’un dernier tiers de Raspoutinisme… !
Je sais ça fait quatre tiers, César (de Pagnol,) les utilisait bien pour la recette du picon-citron-curaçao et répondait à Marius qui lui faisait remarquer que ça faisait quatre tiers par :
« Mais, imbécile, ça dépend de la grosseur des tiers ! »
Je laisse à mes lecteurs le choix de rétablir l’importance des tiers… !
Vous avez eu beau serrer des mains, signer des autographes, vous pavaner sur les marchés, visiter des usines, caresser l’un dans le sens du poil, tout en ébouriffant l’autre, couvrir les murs d’affiches, distribuer des tracts (quel gâchis en papier… !)
Vous n’aurez pas ma voix… !
Qu'on se le dise...!
(Tableau Angerer)
lundi 28 mai 2007
Oh ! Mon Dieu… !
"Quand Dieu a pétri la Terre de ses mains sacrées, il a fait une belle boulette."
(Alexandre Breffort / 1901-1971)
"Le grand Dieu fit les planètes et nous faisons les plats nets."
(François Rabelais / 1484-1533 / Pantagruel / 1532)
"Notre flipper qui êtes aux cieux....
Ainsi soit tilt."
(Roland Bacri, dessinateur et humoriste du Canard Enchaîné)
"Dieu ? Ca fait longtemps que j'ai fait une croix dessus."
(Pierre Desproges / 1939-1988)
"Dieu est un étrange berger, qui attend de ses agneaux qu'ils soient dévots"
(Claude Frisoni)
"Oh ! Raison funèbre!"
(Jacques Prévert / 1900-1977 / Spectacle / 1951)
"Martyr, c'est pourrir un peu."
(Jacques Prévert / 1900-1977 / Paroles)
"Dieu est formidiable!"
(Jacques Prévert / 1900-1977 / Soleil de nuit)
"Vous me demandez si je suis athée ?
Je suis plus intéressé par notre vin d'ici que par leur au-delà."
(Francis Blanche / 1921-1974)
"Etre Témoin de Jéhovah?
Impossible, je n'ai pas vu l'accident."
(Max Chieffley)
"Mon Dieu, que votre volonté soit fête!"
(Frédéric Dard / 1921-2000)
"La presse a succédé au catéchisme dans le gouvernement du monde.
Après le pape, le papier."
(Victor Hugo / 1802-1885 / Tas de pierres)
"Il y a des gens qui dansent sans entrer en transe et il y en a d'autre qui entrent en transe sans danser. Ce phénomène s'appelle la Transcendance et dans nos régions il est fort apprécié."
(Jacques Prévert / 1900-1977 / Spectacle / 1951)
"On ne fait pas d'homélie sans casser Dieu !"
(Anonyme)
"Dans chaque église, il y a toujours quelque chose qui cloche."
(Jacques Prévert / 1900-1977 / Fatras)
"- A quoi est due la chute d'Adam et Eve ?
- C'était une erreur de Genèse."
(Boris Vian / 1920-1959)
"La théologie, c'est simple comme dieu et dieu font trois."
(Jacques Prévert / 1900-1977)
« Dieu, c'est la solitude des hommes.»
(Jean-Paul Sartre / 1905-1980)
« L'absenthéisme c'est Dieu.
(Anonyme)
"Hatez-vous d'être athée .... "
(Anonyme)
"Athée pieds Voilà ma religion."
(Elie Semoun, (Plaisantristes)
"C'est dingue de se dire que si Jésus avait écrit un dictionnaire,
on ne l'appellerait pas le "Petit Robert", mais le "Petit Jésus".
J'ai dit que c'était dingue. Je n'ai pas dit que c'était drôle."
(Juan d'Oultremont, artiste belge)
"Vous avez lu l'Ancien Testament ?
Non ! Qui a hérité ?"
(Jean Yanne / 1933-2003)
"La preuve que le pape ne connaît rien à l'utilisation du préservatif,
c'est qu'il l'a mis à l'index."
(André Santini)
"Dieu a de beaux saints."
(Ylipe, Ecrivain et peintre français / Textes sans paroles)
"Dieu soit loué, meublé ou non meublé."
(Anonyme)
"Dieu soit loué - et s'il est à vendre, achète, c'est une valeur en hausse!"
(Guy Bedos)
(Christian Lavigne)
"Ni Dieu ni maître, même nageur !"
(Jean Yanne / 1933-2003)
(Photo perso)
"Mon père est allé à Lourdes, il ne lui reste plus que Lisieux pour pleurer."
(Michel Colucci, dit Coluche / 1944-1986)
"C'est connu, Eve n'avait pas de pomme d'Adam."
(Jacques Prévert / 1900-1977 / Le Fruit défendu)
"Je pense, donc je suis... le troupeau."
(anonyme)
"Quel est le comble pour une bonne soeur ?
- Etre vierge toute sa vie et mourir en Sainte."
(Anonyme)
"A force de découvrir Dieu, ils vont finir par l'enrhumer."
(Francis Picabia, peintre français / 1879-1953)
"Le jour où Pierre nia trois fois Jésus, ce dernier ne dormit plus, il l'a dit lui-même :
"Un sot me nie !""
(anonyme)
"Intégrisme : le foulard est un problème en soie."
(Laurent Ruquier)
vendredi 25 mai 2007
Ce n’est qu’un manque d’inspiration…!
Une pause trop longue et l’alchimie ne fonctionne plus.
Je tourne un peu en rond, et comme hermaphrodite,
je ne sais plus trop bien qui je suis… !
Peut-être un petit manque de nourriture céleste,
Rassurez vous, j’ouvre toujours les yeux.
Cette barrière qui me bloque, je ne vais pas tarder à la franchir.
J’allais oublier de vous dire, mes chats ont été à la hauteur.
(Dessin d’Alex)
Ils ont contrôlé les éléphants… !
Tout est question de doigté.
Ils ont même eut droit à la danse des éléphants… !
(Dessin de Bush)
En attendant, je reprends ma pause… !
mercredi 16 mai 2007
Je confie le pilotage à un de mes chats… !
(Tableau de Dolores Mota Marquez)
Une courte pause...!
À tour de rôle, ils veilleront sur mon Blog en sommeil… !
J’ai prévu d’être réveillé par le passage des éléphants, si un tigre ne me mange pas entre temps … !
mardi 8 mai 2007
Au secours, les éléphants sont de retour… !
Quel Barnum, le soir des élections, les éléphants barrissaient à qui mieux mieux… !
Entre un qui nous a joué un morceau de « Massacre à la tronçonneuse », un autre qui avait la tête tellement enflée que j’ai cru revoir « Eléphant Man », seul le pauvre Lang ressemblait à « Dumbo », il avait oublié d’atterrir… !
Tout ce troupeau fonçant sur Ségolène a du faire du dégât ; le PS va devoir recoller la vaisselle cassée ou recommander un service complet… !
J’ai quand même voulu en savoir plus sur cet animal.
Le Suricate fouineur a trouvé le texte suivant :
L’Éléphant
« On ne sait, presque rien sur l'Éléphant. Si l'on considère que ce descendant des mammouths atteint parfois cinq mètres de hauteur, on s'aperçoit que ce qu'on sait de lui n'est pas en rapport avec son volume.
Dans un dictionnaire de l'Académie Françoise, publié en 1750 avec privilège du Roi, voici ce qu'on trouve au mot Éléphant.
Éléphant : La plus grande des bêtes à quatre pieds, qui a une trompe, et dont les dents principales, quand elles sont détachées de la gueule de l'animal, s'appellent Ivoire.
C'est énorme et insuffisant. Et puis tout cela fourmille d'erreurs. D'abord ce n'est pas l'Éléphant qui a une trompe, c'est l'automobile.
Aussi, ayant amené moi-même cet animal sous le champ du microscope, je puis affirmer que c'est un mammifère, appartenant corps et âme à l'ordre des pachydermes, ordre qui vaut bien celui des officiers d'académie ; ces animaux-là (c'est des éléphants dont je parle) ont beaucoup d'ordre.
Ne compte-t-on pas l'ordre de l'Éléphant de Danemark, de l'Éléphant de Siam, etc., etc. ?
L'Éléphant a quatre pieds. C'est cette particularité qui nous a permis de le ranger avec soin parmi les quadrupèdes.
L'Éléphant, il faut le dire et nous le disons, l'Éléphant est une espèce de pacha.
Oui !
Ne se trouve-t-il pas à la tête de deux queues? L'une derrière tout à fait embryonnaire, et l'autre devant beaucoup plus longue, qui lui pend au nez comme un sifflet.
C'est du reste cette conformation bizarre qui fait croire à l'Éléphant qu'il marche à reculons comme une écrevisse, et c'est une idée qu'on aura bien du mal à lui faire sortir de la tête.
Il y a là évidemment une erreur ou une distraction impardonnable du grand Architecte de la Nature.
Se basant sur cette erreur, un naturaliste américain du nom de Mark Twain ose prétendre que l'Éléphant mange avec sa queue.
Ce savant n'y entend rien, ce savant est, un âne.
L'Éléphant ne mange pas avec sa queue, il boit avec sa queue. Il s'en sert comme d'une paille, ou, si vous aimez mieux, comme d'un chalumeau.
Au physique, l'éléphant est un costaud, on pourrait même dire un poilu bien qu'il ait peu de poils. On ne connaît pas d'éléphants angoras. L'Éléphant représente la grâce et l'élégance.
La Nature ne l'a pas habillé chichement avec les laissés-pour-compte des grands tailleurs. Il porte des pantalons si larges et si longs qu'il a l'air de marcher dessus.
Voici ce qu'à ce sujet a dit des éléphants un poète dont j'ai oublié le nom sur ma table de nuit :
Ils ont des pantalons troublants,
A la mode qu'ils inventèrent
L'un pour les jambes de devant,
L'autre pour celles de derrière.
Si ces pantalons sont flottants,
C'est que leurs père-z-et leurs mères,
Dans l'espoir qu'ils deviendraient grands
Très amplement les habillèrent.
Et quelle sensibilité chez cet animal ! On raconte qu'un éléphant s'étant approché d'un piano se mit à pleurer abondamment : dans les touches du piano il avait reconnu les dents de sa mère.
Un autre tombant en arrêt devant un billard poussa un long barrissement ; les billes du billard lui rappelaient son père.
Si les fleuves, comme a dit le poète, sont des routes qui marchent, l'éléphant, lui, est une montagne, ou disons, pour ne pas froisser sa modestie, une éminence qui marche.
En somme, l'éléphant est l'être le plus considérable de ce monde.
Et à le considérer de près ; on s’aperçoit qu'il est un peu encombrant et difficile à loger dans un appartement moderne.
Il y a deux sortes d'éléphants : l’éléphant gris et le blanc.
L'Éléphant gris ne diffère du blanc que par la couleur.
Quant à l'éléphant blanc, ou albinos, il ne faut pas le prendre pour l'éléphant de mer avec lequel il n'a aucun rapport ni intime, ni lointain.
Pour trouver des éléphants il faut aller les chercher où ils sont ; c'est-à-dire dans les cirques et dans les ménageries.
On en trouve aussi dans les bureaux de tabac ; ils appartiennent à une variété qui ne fume que le Nil.
On en trouve même dans les forêts, mais ils y sont beaucoup plus rares. Leur capture est des plus faciles. L'Éléphant, vous le savez tous, dort comme les petits oiseaux les pattes en l'air. Pendant son sommeil on dépose sur ses pattes deux ou trois brins de paille enduits de glu au réveil l'éléphant s'agite et il se prend.
On n'a plus qu'à l'emporter ».
Quand je vous disais qu’il ne faut pas se fier à un éléphant, car tout le monde sait qu’
Alors un troupeau… !
Ségolène, elle a intérêt à s’entraîner au saut en hauteur, afin de dominer la situation et rester au dessus de la mêlée… !
Une fois les pendules à l’heure… !
On verra bien si ?
(Texte de Vincent Hyspa (1865-1938)
PS : A travers ce billet, je n’exprime aucune préférence politique, m’étant abstenu, je ne fais plus confiance aux « Faux-culs ». Je ne suis pas prêt de retourner voter.
Les initiés comprendront… !
samedi 28 avril 2007
À toute occasion… !
Je ne vais pas laisser passer l’occasion de vous poster cette page de Zo d’Axa.
Encore une semaine à écouter les boniments de nos deux derniers combattants.
Quelle potion choisir… ?
Celle de l’abbé Cassine à la gelée royale dans la continuité de l’abbé Soury ou celle au goût plus corsé de l’abbé Tise ressortie en grande Pompes d’un Sarkophage aux dents longues… !
« Quand on va sa route, seul, on prend à toute occasion le plaisir de dire le mot que les gens du quartier n’osent pas. Fini le souci d’édifier des voisins et la concierge. Plus de morale ! Plus de trafic ! Assez d’attrape clientèle…
A l’argument de la masse, aux catéchismes des foules, à toutes les raisons d’état de la collectivité, voici que s’opposent les raisons personnelles de l’Individu.
Quelles raisons ?
Chacun les siennes. L’isolé se gardera de prêcher une règle commune. Le réfractaire ne fait pas la place pour une doctrine. Pense toi-même ! Quel est ton cas ? Ton âge ? Ton désir ? Ta force ? As-tu besoin des béquilles que t’offrent les religions ? Si oui, retourne à ton église, désormais, par ton choix, valable. Préfères-tu, toujours disciple, le rêve des sociologues ? C’est bon, tu nous conteras tes projets pour l’an deux mille. Ou bien te sens-tu d’aplomb ? Veux-tu donc vivre ? Es-tu prêt ? Alors n’attends plus personne, marche à ta haine, à tes joies, aux joies des franchises totales, des risques et de la fierté.
On marche, on agit, on vise, parce qu’un instinct combatif, à la sieste nostalgique vous fait préférer la chasse. Su la lisière du code, on braconne le gros gibier : des officiers et des juges, des daims ou des carnassiers ; on débusque aux forêts de Bondy le troupeau des politiciens ;
on se plaît à prendre au collet le financier ravageur ; on relance à tous les carrefours la gent de lettres domestiquée, plumes et poils, souilleurs d’idées, terreurs de presse et de police.
Lors des querelles entre les sectes, les races ou les partis, chaque jour, au hasard des faits, des coups à porter se précisent : Demandez l’affaire Dreyfus ! Ou la manière de traiter la Magistrature et l’Armée comme elles le méritent… Fêtons l’hermine et la garance ! Les démolisseurs conscients ne se spécialisèrent pas : tour à tour, selon la rencontre, ils pointèrent de droite et de gauche.
Durant le même temps, l’esprit de corps donna de jolis résultats : les magistrats, les militaires, les costumés, la livrée, tous les servants de la Société débinèrent la vieille patronne. L’office en rumeur s’aigrit. Robins, rabbins et curés, les officiants, les officiels, les officiers, les complices jonglèrent dans l’antichambre avec les objets du culte. On scandalisa les fidèles. Le doute dessilla les yeux. En quelques mois le peuple enfant surprit qu’on lui cachait « des choses »… Maintenant la confiance est morte : les mauvais pasteurs l’ont tuée. Près de la hampe brisée du drapeau, les balances de la justice gisent comme de la ferraille parmi du bois à brûler…
C’est en vain que, la crise passée, les brocanteurs de la Patrie tenteront des raccommodages. Plus rare se fera la pratique. La bonne histoire d’une France signifiant, entre les nations, progrès, générosité, n’égarera pas tant de badauds : jamais on ne connut de tribu plus acharnée à maintenir un homme au poteau de torture.
D’ailleurs, et sans se contredire on n’acceptera pas davantage la légende d’un Dreyfusisme, barnum de la Vérité vraie. La dame nue au miroir vit trop peu de chose dans sa glace. Elle chanta la légalité, oubliant que c’est légalement que l’on fusille les conscrits coupables d’un simple geste ; et que légalement aussi, dans nos rues, les nuits d’hiver, des hommes et des petits enfants crèvent devant les portes closes. A bas ces huis clos – les pires ! La révision qu’il faudrait, la belle dame n’en parla point.
(dessin de Delize)
Depuis toujours les grands mots : droit, devoir, honneur, salut public, retentirent dans tous les clans, sous les bannières opposées. On joue des mots racoleurs. C’est une musique militaire, un chant d’église, des couplets variés de réunion publique. Les hommes qu’on n’embrigade pas font fi des mots raccrocheurs.
Sans prendre service dans les camps, ils gardent dans la mêlée la loyauté passionnée du mot juste et du coup précis. Tel état-major plus que tel autre n’a pas à compter sur eux. Ils méprisent les diplomaties, les tactiques, les réticences. Ils sont suspects : dans chaque camp, volontiers, on les traiterait en francs-tireurs. Ils laissent à d’autres la solde, les galons et de nouveaux mensonges.
C’est mentir que promettre encore après tant de promesses déjà. Les prophètes et les pontifes, les prêcheurs, les utopistes nous bernent en nous montrant, dans le lointain, des temps d’amour. Nous serons morts : la terre promise est celle où nous pourrirons. A quel titre, pour quels motifs, s’hypnotiser sur l’avenir ? Assez de mirages ! Nous voulons, et par tous les moyens possibles, irrespectueux par nature et des lois et des préjugés, nous voulons, immédiatement, conquérir tout ce que la vie porte en elle de fruits et de fleurs. Si plus tard une révolution résulte des efforts épars – tant mieux ! Ce sera la bonne. Impatients, nous l’aurons devancée…
Continuez donc à déclamer, messieurs, si ça vous amuse. Et vous, les professionnels, pleurez sur la Société. Une autre grande personne, la France, paraît-il, est malade aussi. N’en doutons pas, c’est sérieux. Deux entités valent mieux qu’une. Et allez donc ! Face au péril ! Complot par ci… Vendus par là ! Chassons le juif « qui nous ruine et nous déshonore ». Expulsons les congréganistes. Flamidien ! Dreyfus ! Quoi encore ? Pour la République ! Pour la Sociale ! Vive Loubet ! Et patati et Panama…
Plus on est de Français plus on rit.
Je pose en fait qu’un garçon de quinze ans que les sergents recruteurs, les pions et les chefs d’école n’auraient pas encore abruti verrait plus droit qu’un électeur. Tout est si clair. Que se passe-t-il ? Rien. Une société qui chavire, un peuple qui se noie… ça n’a aucune importance :
L’individu gagne la rive.
Solide sur la terre ferme que son effort sait conquérir, l’Evadé des galères sociales ne recommence plus d’anciens rêves. Toutes expériences sont faites. On a vu qu’à peine libérés de la folie agenouillante du prêtre, les hommes acceptèrent en bloc les duperies du patriotisme. Au nom de principes nouveaux, ils reprirent l’antique collier. L’esclavage fut laïcisé, le collier peint aux trois couleurs. Qu’importe le dogme ! Ce n’est, au vrai, qu’un procédé de gouvernement, on le nuance au goût de la peuplade. Mais déjà les couleurs pâtissent : on parle de l’humanité, d’une seule famille… Méfiance ! En l’honneur de cette famille-là, on s’apprête à truquer encore ! Et l’Individu que j’indique, celui qui sait, celui qui pense, l’Evadé des galères sociales, celui qui ne montera plus dans les bateaux pavoisés de la religion et de la patrie, ne s’embarquera pas davantage sur les radeaux sans biscuit de la Méduse humanitaire.
As-tu compris, citoyen ?
L’idée de révolte, ainsi, n’est pas une quelconque manie, une foi nouvelle destinée à tromper encore tes appétits et tes espoirs. C’est l’individuelle énergie de se défendre contre la masse. C’est l’altière volontiers de vivre. C’est l’art de marcher tout seul –
En dehors – il suffit d’oser !
A toute occasion, dans ces feuilles, se dégage en simplicité telle façon de sentir et d’être. Aux étincelles des faits, qui se heurtent comme des silex, s’éclairent, chemin passant, les facettes de la question. Et les feuilles légères ou graves se suivent, se tiennent et se complètent selon le scénario formel de la Vie, chaque heure, expressive… »
Zo d'Axa, dans La Feuille (1897-99)
Libre à vous de me taxer de mauvais goût… !
Mais, comme disait Baudelaire :
« Ce qu’il y a d’enivrant dans le mauvais goût, c’est le plaisir aristocratique de déplaire. »
jeudi 22 mars 2007
La grève des électeurs… !
« Une chose m'étonne prodigieusement, j'oserai dire qu'elle me stupéfie, c'est qu'à l'heure scientifique où j'écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu'un ou de quelque chose.
Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n'est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ?
Où est-il le Balzac qui nous donnera la physiologie de l'électeur moderne ?
Et le Charcot qui nous expliquera l'anatomie et les mentalités de cet incurable dément ?
Nous l'attendons.
Je comprends qu'un escroc trouve toujours des actionnaires, la Censure des défenseurs, l'Opéra Comique des dilettanti, le Constitutionnel des abonnés, M. Carnot des peintres qui célèbrent sa triomphale et rigide entrée dans une cité languedocienne ; je comprends M. Chantavoine s'obstinant à chercher des rimes ; je comprends tout.
Mais qu'un député, ou un sénateur, ou un président de République, ou n'importe lequel parmi tous les étranges farceurs qui réclament une fonction élective, quelle qu'elle soit, trouve un électeur, c'est-à-dire l'être irrêvé, le martyr improbable, qui vous nourrit de son pain, vous vêt de sa laine, vous engraisse de sa chair, vous enrichit de son argent, avec la seule perspective de recevoir, en échange de ces prodigalités, des coups de trique sur la nuque, des coups de pied au derrière, quand ce n'est pas des coups de fusil dans la poitrine, en vérité, cela dépasse les notions déjà pas mal pessimistes que je m'étais faites jusqu'ici de la sottise humaine, en général, et de la sottise française en particulier, notre chère et immortelle sottise, â chauvin !
Il est bien entendu que je parle ici de l'électeur averti, convaincu, de l'électeur théoricien, de celui qui s'imagine, le pauvre diable, faire acte de citoyen libre, étaler sa souveraineté, exprimer ses opinions, imposer -folie admirable et déconcertante- des programmes politiques et des revendications sociales ; et non point de l'électeur "qui la connaît" et qui s'en moque, de celui qui ne voit dans " les résultats de sa toute-puissance" qu'une rigolade à la charcuterie monarchiste, ou une ribote au vin républicain.
Sa souveraineté à celui-là, c'est de se pocharder aux frais du suffrage universel.
Il est dans le vrai, car cela seul lui importe, et il n'a cure du reste. Il sait ce qu'il fait.
Mais les autres ?
Ah ! Oui, les autres !
Les sérieux, les austères, les peuple souverain, ceux-là qui sentent une ivresse les gagner lorsqu'ils se regardent et se disent : " Je suis électeur! Rien ne se fait que par moi. Je suis la base de la société moderne. Par ma volonté, Floque fait des lois auxquelles sont astreints trente-six millions d'hommes, et Baudry d'Asson aussi, et Pierre Alype également."
Comment y en a-t-il encore de cet acabit ? Comment, si entêtés, si orgueilleux, si paradoxaux qu'ils soient, n'ont-ils pas été, depuis longtemps, découragés et honteux de leur oeuvre ?
Comment peut-il arriver qu'il se rencontre quelque part, même dans le fond des landes perdues de la Bretagne, même dans les inaccessibles cavernes des Cévennes et des Pyrénées, un bonhomme assez stupide, assez déraisonnable, assez aveugle à ce qui se voit, assez sourd à ce qui se dit, pour voter bleu, blanc ou rouge, sans que rien l'y oblige, sans qu'on le paye ou sans qu'on le soûle ?
A quel sentiment baroque, à quelle mystérieuse suggestion peut bien obéir ce bipède pensant, doué d'une volonté, à ce qu'on prétend, et qui s'en va, fier de son droit, assuré qu'il accomplit un devoir, déposer dans une boîte électorale quelconque un quelconque bulletin, peu importe le nom qu'il ait écrit dessus ?...
Qu'est-ce qu'il doit bien se dire, en dedans de soi, qui justifie ou seulement qui explique cet acte extravagant ?
Car enfin, pour consentir à se donner des maîtres avides qui le grugent et qui l'assomment, il faut qu'il se dise et qu'il espère quelque chose d'extraordinaire que nous ne soupçonnons pas. Il faut que, par de puissantes déviations cérébrales, les idées de député correspondent en lui à des idées de science, de justice, de dévouement, de travail et de probité ; il faut que dans les noms seuls de Barbe et de Baihaut, non moins que dans ceux de Rouvier et de Wilson, il découvre une magie spéciale et qu'il voie, au travers d'un mirage, fleurir et s'épanouir dans Vergoin et dans Hubbard, des promesses de bonheur futur et de soulagement immédiat.
Et c'est cela qui est véritablement effrayant.
Rien ne lui sert de leçon, ni les comédies les plus burlesques, ni les plus sinistres tragédies.
Voilà pourtant de longs siècles que le monde dure, que les sociétés se déroulent et se succèdent, pareilles les unes aux autres, qu'un fait unique domine toutes les histoires : la protection aux grands, I'écrasement aux petits. Il ne peut arriver à comprendre qu'il n'a qu'une raison d'être historique, c'est de payer pour un tas de choses dont il ne jouira jamais, et de mourir pour des combinaisons politiques qui ne le regardent point.
Que lui importe que ce soit Pierre ou jean qui lui demande son argent et qui lui prenne la vie, puisqu'il est obligé de se dépouiller de l'un, et de donner l'autre ? Eh bien ! Non. Entre ses voleurs et ses bourreaux, il a des préférences, et il vote pour les plus rapaces et les plus féroces.
Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours.
Les moutons vont à l'abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n'espèrent rien.
Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l'électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois.
Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit. O bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère, si, au lieu de te laisser prendre aux rengaines absurdes que te débitent chaque matin, pour un sou, les journaux grands ou petits, bleus ou noirs, blancs ou rouges, et qui sont payés pour avoir ta peau; si, au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable souveraineté en guenilles, si, au lieu de t'arrêter, éternel badaud, devant les lourdes duperies des programmes; si tu lisais parfois, au coin du feu, Schopenhauer et Max Nordau, deux philosophes qui en savent long sur tes maîtres et sur toi, peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles.
Peut-être aussi, après les avoir lus, serais-tu moins empressé à revêtir ton air grave et ta belle redingote, à courir ensuite vers les urnes homicides où, quelque nom que tu mettes, tu mets d'avance le nom de ton plus mortel ennemi. Ils te diraient, en connaisseurs d'humanité, que la politique est un abominable mensonge, que tout y est à l'envers du bon sens, de la justice et du droit, et que tu n'as rien à y voir, toi dont le compte est réglé Rêve après cela, si tu veux, des paradis de lumières et de parfums, des fraternités impossibles, des bonheurs irréels.
C'est bon de rêver, et cela calme la souffrance.
Mais ne mêle jamais l'homme à ton rêve, car là où est l'homme, là est la douleur, la haine et le meurtre. Surtout, souviens-toi que l'homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu'en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu'il ne te donnera pas et qu'il n'est pas d'ailleurs, en son pouvoir de te donner. L'homme que tu élèves ne représente ni ta misère, ni tes aspirations, ni rien de toi; il ne représente que ses propres passions et ses propres intérêts, lesquels sont contraires aux tiens.
Pour te réconforter et ranimer des espérances qui seraient vite déçues, ne va pas t'imaginer que le spectacle navrant auquel tu assistes aujourd'hui est particulier à une époque ou à un régime, et que cela passera.
Toutes les époques se valent, et aussi tous les régimes, c'est-à-dire qu'ils ne valent rien.
Donc, rentre chez toi, bonhomme, et fais la grève du suffrage universel. Tu n'as rien à y perdre, je t'en réponds ; et cela pourra t'amuser quelque temps. Sur le seuil de ta porte, fermée aux quémandeurs d'aumônes politiques, tu regarderas défiler la bagarre, en fumant silencieusement ta pipe.
Et s'il existe, en un endroit ignoré, un honnête homme capable de te gouverner et de t'aimer, ne le regrette pas. Il serait trop jaloux de sa dignité pour se mêler à la lutte fangeuse des partis, trop fier pour tenir de toi un mandat que tu n'accordes jamais qu'à l'audace cynique, à l'insulte et au mensonge.
Je te l'ai dit, bonhomme, rentre chez toi et fais la grève. »
Octave Mirbeau : 28 novembre 1888
Après les pommes et les poires, je n’avais pas l’intention de vous servir des scoubidous, car si les fruits précédents pouvaient être indigestes pour certains, essayer de vous faire avaler un de ces serpentins en guise de couleuvre risquait de vous faire fuir avant mon petit mot de conclusion de cette trilogie électorale.
A vous d’abattre les bonnes cartes pour faire votre choix en votre âme et conscience… !
Joker pour les introvertis, excuse pour les timides, couleur pour d’autres, le panel est suffisamment large pour essayer de gagner la partie.
Personnellement, je persiste et signe, toute cette mascarade fébrile servie par nos « Faux-Culs » ça me fend le cœur… !
A vous ça ne vous fend rien… ?
lundi 19 mars 2007
Vous n'Êtes que des Poires… !

Dans mon précédent billet, je vous avais promis de vous livrer des poires.
Chose promise, chose due… !
En guise de poire pour la soif, je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager la suivante que j’ai dégustée. Malgré les ans, elle s’est bien conservée et n’est pas flétrie… !
Citoyens,
On vous trompe. On vous dit que la dernière Chambre composée d'imbéciles et de filous, ne représentait pas la majorité des électeurs. C'est faux.
Une chambre composée de députés jocrisses et de députés truqueurs représente, au contraire, à merveille les électeurs que vous êtes. Ne protestez pas: une nation a les délégués qu'elle mérite.
Pourquoi les avez-vous nommés ?
Vous ne vous gênez pas, entre vous, pour convenir que plus ça change, et plus c'est la même chose, que vos élus se moquent de vous et ne songent qu'à leurs intérêts, à la gloriole ou à l'argent.
Pourquoi les renommez-vous demain'?
Vous savez très bien que tout un lot de ceux que vous enverrez siéger vendront leurs voix contre un chèque et feront le commerce des emplois, fonctions et bureaux de tabac.
Mais pour qui les bureaux de tabac, les places, les sinécures si ce n'est pour les Comités d'électeurs que l'on paye ainsi ?
Les entraîneurs des Comités sont moins naïfs que le troupeau.
La Chambre représente l'ensemble.
Il faut des sots et des roublards, il faut un parlement de ganaches et de Robert Macaire pour personnifier à la fois tous les votards professionnels et les prolétaires déprimés.
Et ça, c'est vous !
On vous trompe, bons électeurs, on vous berne, on vous flagorne quand on vous dit que vous êtes beaux, que vous êtes la justice, le droit, la souveraineté nationale, le peuple-roi, des hommes libres. On cueille vos votes et c'est tout.
Vous n'êtes que des fruits… des Poires.
On vous trompe encore. On vous dit que la France est toujours la France. Ce n'est pas vrai.
La France perd, de jour en jour, toute signification dans le monde, toute signification libérale. Ce n'est plus le peuple hardi, coureur de risques, semeur d'idées, briseur de culte. C'est une Marianne agenouillée devant le trône des autocrates. C'est le caporalisme renaissant plus hypocrite qu'en Allemagne : une tonsure sous le képi.
On vous trompe, on vous trompe sans cesse.
On vous parle de fraternité, et jamais la lutte pour le pain ne fut plus âpre et meurtrière.
On vous parle de patriotisme, de patrimoine sacré à vous qui ne possédez rien.
On vous parle de probité; et ce sont des écumeurs de presse, des journalistes à tout faire, maîtres fourbes ou maîtres chanteurs, qui chantent l'honneur national.
Les tenants de la République, les petits bourgeois, les petits seigneurs sont plus durs aux gueux que les maîtres de régimes anciens.
On vit sous l'oeil des contremaîtres.
Les ouvriers aveulis, les producteurs qui ne consomment pas, se contentent de ronger patiemment l'os sans moelle qu'on leur a jeté, l'os du suffrage universel. Et c'est pour des boniments, des discussions électorales qu'ils remuent encore la mâchoire, la mâchoire qui ne sait plus mordre.
Quand parfois des enfants du peuple secouent leur torpeur, ils se trouvent, comme à Fourmies, en face de notre vaillante armée... Et le raisonnement des lebels leur met du plomb dans lit tête.
La Justice est égale pour tous.
Les honorables chéquards du Panama roulent carrosse et ne connaissent pas le cabriolet. Mais les menottes serrent les poignets des vieux ouvriers que l'on arrête comme vagabonds !
L'ignominie de l'heure présente est telle qu'aucun candidat n'ose défendre cette Société. Les politiciens bourgeoisants, réactionnaires ou ralliés, masques ou faux-nez, républicains, vous crient qu'en votant pour eux ça marchera mieux, ça marchera bien. Ceux qui vous ont déjà tout pris vous demandent encore quelque chose :
Donnez vos voix, Citoyens !
Les mendigots, les candidats, les tire-laines, les soutire voix ont tous un moyen spécial de faire et refaire le Bien public.
Ecoutez les braves ouvriers, les médicastres du parti: ils veulent conquérir les pouvoirs... afin de les mieux supprimer.
D'autres invoquent la Révolution, et ceux-là se trompent en vous trompant. Ce ne seront jamais les électeurs qui feront la Révolution. Le suffrage universel est créé précisément pour empêcher l'action virile.
Charlot s'amuse à voter…
Et puis quand même quelque incident jetterait des hommes dans la rue, quand bien même, par un coup de force, une minorité ferait acte, qu'attendre ensuite et qu'espérer de la foule que nous voyons grouiller : la foule lâche et sans pensée.
Allez ! Allez, gens de la foule ! Allez, électeurs ! Aux urnes… Et ne vous plaignez plus. C'est assez. N'essayez pas d'apitoyer sur le sort que vous vous êtes fait. N'insultez pas, après coup, les Maîtres que vous vous donnez.
Ces Maîtres vous valent, s'ils vous volent. Ils valent sans doute davantage : ils valent vingt-cinq francs par jour, sans compter les petits profits. Et c'est très bien:
L'Electeur n'est qu'un Candidat raté.
Au peuple du bas de laine, petite épargne, petite espérance, petits commerçants rapaces, lourd populo domestique, il faut un Parlement médiocre qui monnaie et qui synthétise toute la vilenie nationale.
Votez, électeurs ! Votez ! Les parlements émanent de vous. Une chose est parce quelle doit être, parce qu'elle ne peut pas être autrement. Faites la Chambre à votre image.

































































































































