vendredi 29 septembre 2006
Pour faire un enfant modèle suite !
Voilà un petit texte d’André Gide, sur la sagesse et des recommandations, que nous adressons à nos chers bambins !
« Me devinrent ennemis personnels : Pervertisseurs, assombrisseurs, affaiblisseurs, rétrogrades, targigrades et plaisantins.
J’en veux à tout ce qui diminue l’homme ; à tout ce qui tend à le rendre moins sage, moins confiant ou moins prompt. Car je n’accepte pas que la sagesse s’accompagne toujours de lenteur et de méfiance. C’est bien aussi pourquoi je crois qu’il y a souvent plus de sagesse dans l’enfant que dans le vieillard. »…
Leur sagesse ?...Ah ! Leur sagesse, mieux vaut n’en pas faire grand cas.
Elle consiste à vivre le moins possible, se méfiant de tout, se garant.
Il y a toujours, dans leurs conseils, je ne sais quoi de rassis, de stagnant.
Ils sont comparables à certaines mères de famille qui abrutissent de recommandations leurs enfants :
- Ne te balance pas si fort, la corde va craquer.
- Ne te mets pas sous cet arbre, il va tonner.
- Ne marche pas où c’est mouillé, tu vas te tacher.
- A ton âge, tu devrais être plus raisonnable.
- Combien de fois faudra-t-il te le répéter.
- * On ne met pas ses coudes sur la table. Etc.
Cet enfant est insupportable !
- Ah ! Madame**, pas tant que vous. »
* Voir billet du 08 août, sur le thème « On ne dit pas… »
Et, ne me dites pas, que vous ne vous êtes pas reconnu dans les propos de cette mère !
Le Suricate, il en a fait de même ; dur, dur d’être sage dans nos propos !
** Cette conclusion aurait pu s’adresser à un père, l’éducation étant dévolue aux deux parents.
mercredi 27 septembre 2006
C’est Mozart qu’on assassine !
Je fume,
que dis-je, j’enrage ; une fois de plus c’est Mozart qu’on assassine.
Pas celui de Gilbert Cesbron, non, MOZART, le seul Dieu en qui je crois !
L’opéra de Mozart, Idoménée où l'on voit le prophète Mahomet et d'autres fondateurs de grandes religions traités de manière violente, a été déprogrammé à Berlin par crainte de représailles islamistes.
Le Deutsche Oper a donc retiré l'ouvrage de l'affiche, provoquant un tollé dans le monde politique allemand qui fustige cette "autocensure".
Dans une des scènes signées Hans Neuenfels, le roi de Crète Idoménée rapporte les têtes de Poséidon, Jésus, Bouddha et Mohammed, et les pose sur 4 chaises.
C’est quoi encore cette volte face ?
Où est la liberté d’expression ?
Hier l’affaire des caricatures, aujourd’hui la musique, demain…
« Bouche cousue ! »
A ce petit jeu, où comme les écrevisses, nous avançons en reculant nous n’allons pas tarder à rejoindre les écoles coraniques des purs et durs.
Je sais: C’est une minorité, mais en attendant elle jette le discrédit sur les pratiquants d’un islam tolérant.
En période de ramadan, ces croyants n’avaient pas besoin qu’on exacerbe les tensions entre les différentes religions et de ce fait entre les communautés !
Il nous reste peut-être encore une solution; c'est comme Plantu, jouer à plus malin qu'eux!
Dessin de Plantu
mardi 26 septembre 2006
Culture ou inculture!
Connaissez-vous Mr ou Mme Jesaistout ?
J’ai imaginé que quelques penseurs connus, avaient croisé leur chemin.
Ce qui a donné les citations suivantes :
Albert Camus:
« Il y a quelque chose de vulgaire chez ceux qui disent tout savoir.»
Voltaire:
« Cet imbécile, il a réponse à tout ! … Je ne connais de sérieux ici-bas que la culture de la vigne. »
Montaigne:
« Que sais-je ? »
Socrate:
« Je sais que je ne sais pas. »
Jean d’Ormesson:
« Plus on sait de choses plus on en ignore.»
Louis Guilloux:
« Un homme cultivé c’est souvent un homme qui a appris l’art de se dissimuler à lui-même et de dissimuler aux autres ses ignorances. »
Edouard Herriot:
« La culture c’est ce qui reste quand on a tout oublié. »
Françoise Sagan:
« La culture, c'est comme la confiture, moins on en a, plus on l'étale. »
J’arrête là ; j’ai l’impression de me reconnaître et de me sentir visé.
Pourtant je m’appelle (enfin, je viens tout seul) : « Grainsdesel ! »
En conclusion :
« Il est immoral d'être prétentieux, ou d'essayer d'impressionner (...) en étalant votre savoir. Car vous êtes ignorants. Nous pouvons être différents les uns des autres dans le peu de choses que nous connaissons, mais, face à notre ignorance infinie, nous sommes tous égaux. »
Karl R. POPPER
lundi 25 septembre 2006
Sans commentaire!
dimanche 24 septembre 2006
Ils naquirent, ils souffrirent, ils moururent!
Face à la multitude de documents, qui peuvent avoir été écrits, sur tel ou tel personnages qui ont fait l’histoire ; il est bien difficile de s’y retrouver et d’avoir le temps d’en faire une synthèse. Une chatte n’y retrouverait pas ses petits !
J’avais lu un conte, après de fastidieuses recherches, j’ai retrouvé cet apologue*
« Quand le jeune prince Zémire succéda à son père sur le trône de Perse, il fit appeler tous les académiciens de son royaume, et, les ayants réunis, il leur dit :
- Le docteur Zeb, mon maître, m’a enseigné que les souverains s’exposeraient à moins d’erreurs s’ils étaient éclairés par l’exemple du passé. C’est pourquoi je veux étudier les annales des peuples. Je vous ordonne de composer une histoire universelle et de ne rien négliger pour la rendre complète.
Les savants promirent de satisfaire le désir du prince, et s’étant retirés, ils se mirent aussitôt à l’œuvre.
Au bout de 20 ans, ils se présentèrent devant le roi, suivis d’une caravane composée de douze chameaux, portant chacun 500 volumes ? Le secrétaire de l’académie, s’étant prosterné sur les degrés du trône, parla en ces termes :
- Sire, les académiciens de votre royaume ont l’honneur de déposer à vos pieds l’histoire universelle qu’ils ont composée à l’intention de Votre Majesté. Elle comprend 6000 tomes et renferme tout ce qu’il nous a été possible de réunir touchant les mœurs des peuples et les vicissitudes des empires. Nous y avons inséré les anciennes chroniques qui ont été heureusement conservées et nous les avons illustrées de notes abondantes sur la géographie, la chronologie et la diplomatique. Les prolégomènes** forment à eux seuls la charge d’un chameau et les paralipomènes*** sont portés à grand’peine par un autre chameau.
Le roi répondit :
- Messieurs, je vous remercie de la peine que vous vous êtes donnée ? Mais je suis fort occupé des soins du gouvernement ? D’ailleurs j’ai vieilli pendant que vous travaillez. Je suis parvenu, comme dit le poète persan, au milieu du chemin de la vie, et, à supposer que je meure plein de jours, je ne puis raisonnablement espérer d’avoir le temps de lire une si longue histoire. Elle sera déposée dans les archives du royaume ? Veuillez m’en faire un abrégé mieux proportionné à la brièveté de l’existence humaine.
Les académiciens de Perse travaillèrent 20 ans encore ; puis ils apportèrent au roi 1500 volumes sur trois chameaux.
- Sire, dit le secrétaire perpétuel d’une voix affaiblie, voici notre nouvel ouvrage. Nous croyons n’avoir rien omis d’essentiel.
- Il se peut, répondit le roi, mais je ne le lirai point. Je suis vieux ; les longues entreprises ne conviennent point à mon âge ; abrégez encore et ne tardez pas.
Ils tardèrent si peu qu’au bout de 10 ans ils revinrent suivis d’un jeune éléphant porteur de 500 volumes.
- Je me flatte d’avoir été succinct, dit le secrétaire perpétuel.
- Vous ne l’avez pas encore été suffisamment, répondit le roi. Je suis au bout de ma vie. Abrégez, abrégez, si vous voulez que je sache, avant de mourir, l’histoire des hommes.
On revit le secrétaire perpétuel devant le palais au bout de 5 ans. Marchant avec des béquilles, il tenait par la bride un petit âne qui portait un gros livre sur son dos.
- Hâtez-vous, lui dit un officier, le roi se meurt.
En effet le roi était sur son lit de mort. Il tourna vers l’académicien et son gros livre un regard presque éteint, et dit en soupirant :
- Je mourrai donc sans savoir l’histoire des hommes !
- Sire, répondit le savant, presque aussi mourant que lui, je vais vous le résumer en trois mots : Ils naquirent, ils souffrirent, ils moururent.
C’est ainsi que le roi de Perse apprit sur le tard l’histoire universelle.»
Naître, vivre et mourir, n’est-ce pas une très longue histoire ?
Tout le reste a si peu d’importance !
* Apologue: Court récit imaginaire ou parfois réel dont se dégage une vérité morale.
** Prolégomène: Longue introduction placée en tête d'un ouvrage, contenant les notions préliminaires nécessaires à sa compréhension.
*** Paralipomène: Supplément placé à la fin d'un livre.
samedi 23 septembre 2006
L'immortelle n'a pas d'odeur!
« Ame inconstante, hâte-toi !
Sache que la fleur la plus belle,
Est aussi la plus tôt fanée.
Sur son parfum penche-toi vite.
L’immortelle n’a pas d’odeur. »
André Gide
jeudi 21 septembre 2006
BASM, ça ne vous dit rien (Suite…) !
Au début, il y eut Adam et Eve.
C’était le paradis !
Mais la suite de l’histoire...il y eut les premières guerres !
La guerre du feu aurait été la première. Je veux bien ; je n’y étais pas pour confirmer ou infirmer.
Ce que je sais, c’est que de nos jours, les guerres sont toujours là, plus insidieuses, perverses sournoises, avec des technologies de plus en plus sophistiquées, mises à disposition des belligérants.
Toute cause est critiquable ou défendable ; tout dépend du côté où l’on se trouve.
Voir commentaire dans billet précédent)
Le but de ce premier billet était à partir d’une invitation (pyramide de chaussures), d’attirer l’attention et, par là même, faire prendre conscience de ce problème, qu’est l’utilisation des BASM.
Bien sûr que la guerre, qui englobe toutes les utilisations de moyens, pour arriver à ses fins est à dénoncer. L’histoire est là pour nous rappeler qu’elle a malheureusement toujours existée et qu’elle ne s’est jamais faite à coup de tarte à la crème !
Sans vouloir me lancer dans une analyse balistique, ou d’efficacité (il y a des spécialistes) une balle fait moins de dégâts collatéraux que des BASM.
Je tiens à préciser que je ne cautionne pas l’emploi du fusil au détriment de tout autre moyen.
Au cours des derniers conflits, d’autres moyens tout autant ignobles ont été utilisés :
(Les gaz, les produits chimiques, bactériologiques) une prise de conscience mondiale en a fait pratiquement disparaître l’utilisation, suite à des manifestations ciblées !)
Ce qui n’a pas empêché et n’empêchera pas les conflits de continuer, et nous ne sommes pas certains qu’il n’y aura pas quelque diablotin prêt à les utiliser.
La devise « Si vis pacem, para bellum » sera toujours d’actualité. C’est être utopiste que de se ranger dans les rangs des pacifistes purs et durs, genre « objecteurs de conscience » que nous avons connu du temps de la conscription.
Pour moi, être pacifiste, c’est d’essayer d’éviter les conflits sans refuser de se défendre.
Une anecdote : Il m’est arrivé de discuter avec des objecteurs de conscience ; après plusieurs échanges, où un climat de confiance s’était établi, beaucoup m’ont avoué, que c’était un moyen pour ne pas aller se « faire chier 10 mois à l’armée et qu’ils préféraient en passer le double dans l’associatif ou l’humanitaire ». Noble cause, mais en cas de conflit chez eux ?
Enfin à la question : « Vous êtes contre toute forme de violence ; mais si votre amie ou fiancée se faisait maltraiter devant vous, resteriez-vous sans réaction ? » ; je n’en ai jamais entendu un seul qui m’ait répondu : « Je resterai les bras croisés ! ».
Ma réponse pourra paraître décousue, mais il y aurait matière à débats sur, quels moyens utiliser pour faire prendre conscience, que la guerre c’est la plus grosse connerie que l’homme ait inventé.
Ne pas réagir de peur de ne pas enfourcher le bon cheval, ne me semble pas la meilleure solution.
Doit-on critiquer ceux qui partent en guerre (décidemment elle est toujours là !) pour dénoncer les violences physiques, sexuelles, morales etc. que subissent des enfants ?
Ils ont eu raison de le faire et ils ne se sont pas posés la question, de savoir si leur cause était plus noble que de dénoncer celles que subissent les femmes !
Dénoncer la Violence dans sa globalité, ne me semble pas aussi efficace que de la cibler !
La globalité nous masque les détails.
Vouloir faire effondrer la forteresse d’un seul coup, c’est un peu comme le château de sable qui ne s’effondre jamais du premier coup, mais à force d’être miné à la base cède.
J’aurais pu faire plus simple et poster mon billet sous un des titres célèbres :
Peace and Love! Ou, pour les non polyglottes : Faites l’amour, pas la guerre ! Et y rajouter le fameux pictogramme.
Là, j’englobai tout, mais ils ne correspondaient pas à l’idée que je me fais de l’amour sur terre.
Je t’aime, tu m’aimes, je t’aime moi non plus, on s’aime, on s’est aimé, débouche souvent sur le désamour ! La suite vous connaissez !
A mon tour de vous poser une question : La guerre n’est-elle pas l’unique moyen de la faire cesser?…le jour où il n’y aura aucun survivant!
B.A.S.M : ça ne vous dit rien ?
Les bombes à sous munitions (BASM) sont une catégorie de munitions destinée à « arroser » un large périmètre. Leur principe est simple : un gros conteneur (bombe, obus, missile, roquette), est rempli de bombelettes (les sous munitions). Le conteneur s’ouvre et disperse les sous munitions au dessus d’une zone, créant ainsi un tapis d’explosions pouvant couvrir plusieurs hectares !
Les civils qui vivent et travaillent dans les zones touchées risquent d’être tués ou mutilés pendant les bombardements.
De plus, entre 5 et 30% des sous munitions n’explosent pas à l’impact : gisant sur le sol, dans les arbres ou sur le toit des maisons, elles se transforment, de facto, en véritables mines antipersonnel, prêtes à exploser au moindre contact.
Elles font ainsi courir une menace mortelle aux populations civiles en cas de manipulation (lors de travaux agricoles, de déboisement, de reconstruction…). Attirés par les couleurs vives de certaines sous munitions, les enfants sont particulièrement exposés au danger.
Pour les victimes, tuées ou mutilées des années parfois après la fin des conflits, il n’y a aucune différence entre une mine antipersonnel et une sous munition non explosée. »
Source : http://www.sousmunitions.org
Voilà une autre forme de pollution, que nous mésestimons, du fait qu’elle ne nous touche pas directement. Pourquoi s’en inquiéter quand elle fait des ravages ailleurs que devant notre porte ?
A ces nantis, je leur demande comment ils font pour ne pas être horrifiés à la vue de tous ces mutilés et plus particulièrement les gosses.
Quels cadeaux notre société guerrière leur a largué. On leur a joué le Petit Poucet version « HOT » pour adulte, à ne pas mettre entre toutes les mains.
Ce n’était pas sans compter sur la curiosité enfantine, malheureusement certains ont pris leur pied pour la dernière fois !
Ils ont eu droit en guise de petits cailloux blancs, à des petites bombinettes de toutes les couleurs, semées par le Grand Méchant Ogre, chaussé de bottes de sept lieux. Pour lui échapper, ils ont couru, couru, couru…. puis ils ont eu droit à un beau feu d’artifice ! Mine de rien, leur dernière course venait de prendre fin !
Nos grands hommes politiques, quand ils vont se pavaner dans ces pays sinistrés, en faisant des ronds de jambes, (ils ne vont quand même pas s’en priver, ils ont les leurs) en arborant des pompes cirées de plus de 1000€, payées par notre pognon de contribuable, se rendent en ballade, serrer des paluches avec la mine de circonstance (je ne l’ai pas fait exprès, mais après tout chacun la sienne), dans le genre : « Je compatis, regarde comme je suis triste » en fait ils ne pensent qu’à une chose « Putain qu’il fait chaud ! Vivement qu’on s’en jette une derrière le gosier, et cette poussière ; merde, je vais déguelasser mes pompes en croco!)
Et quand on a l’outrecuidance, de leur parler de ces putains de mines, ils shootent en touche. Ils peuvent se le permettre, le foot n’a plus de secrets, depuis que nous avons été champion du monde, ils se rendent au stade, communier à la table des élections futures. Ils ont encore un petit effort à faire, le costume trois pièces et la cravate en soie, ne font pas partie de l’équipement du footballeur.
Les fabricants de chaussures de marques, très prisées par nos gamins, devraient proposer des béquilles chaussantes griffées. A ce rythme, il va y avoir un marché à conquérir !
Ces nouveaux « nains » qui n’avaient pas compris ce qui leur était arrivé en s’amusant à saute-mouton, pourront rejouer à la marelle. Pourvu qu’ils ne choisissent pas une de ces bombinettes en guise de palet !
Le 30 septembre, participez à la 12e Pyramide de chaussures dans 39 villes de France.
mercredi 20 septembre 2006
Le « Lit de justice »
Nous avons tous appris que, Saint Louis qui mourut en 1270, sous les remparts de Tunis, rendait la justice sous un chêne.
Un siècle plus tard qu’en était-il ?
On appelait lit de justice dans l’ancienne monarchie une séance solennelle du parlement où le roi siégeait sur une pile de coussins, entouré des grands du royaume et des ducs et pairs.
On fait remonter le premier usage des lits de justice à Charles V qui en 1369 tint une séance solennelle du parlement pour juger le prince de Galles, duc de Guyenne, accusé de félonie. Cependant il est déjà question du lit sur lequel le roi siégeait au parlement dans une ordonnance de Philippe de Valois du 11 mars 1345. Il y est dit (art.15) : « Que nul ne doit venir siéger auprès du lit du roi, les chambellans exceptés. »
Le cérémonial des lits de justice était rigoureusement déterminé. Le grand maître des cérémonies avertissait le parlement quand le roi était à la Sainte-Chapelle. Aussitôt quatre présidents à mortier avec six conseillers laïques et deux conseillers clercs allaient le recevoir et le saluer au nom du parlement. Ils le conduisait en la grand’chambre, les présidents marchant aux côtés du roi, les conseillers derrière lui et le premier huissier entre les deux massiers du roi. Les trompettes sonnaient et les tambours battaient jusque dans la grand’chambre. Aux pieds du roi, le grand chambellan ; à droite, sur un tabouret, le grand écuyer ; à gauche, sur un banc au dessous des pairs ecclésiastiques, les quatre capitaines des gardes du corps et le commandant des cent suisses ; plus bas, sur un petit degré, par lequel on descendait dans le parquet, le prévôt de Paris un bâton blanc à la main. Le chancelier était assis dans l’angle de la chambre où s’élevait le lit de justice. Il avait une chaire à bras couvert de tapis de velours violet semé de fleurs de lis qui servait de drap de pied au roi. Sur les hauts sièges à la droite du roi prenaient place les princes du sang et les pairs laïques ; à gauche, les pairs ecclésiastiques et les maréchaux de France venus avec le roi. Le banc ordinaire des présidents à mortier était occupé par le premier président et les présidents à mortier, en robes rouges, et revêtus de leur épitoge. Sur les autre bancs siégeaient les conseillers d’honneur, les quatre maîtres des requêtes qui avaient séance au parlement, les conseillers du parlement, tous en robes rouges. Le grand maître et le maître des cérémonies étaient placés sur des tabourets devant la chaire du chancelier ; dans le même parquet, à genoux devant le roi tenant leur masse d’argent doré et six hérauts d’armes. Il y avait aussi les bancs réservés pour les conseillers d’Etat et les maîtres des requêtes que le chancelier amenait à sa suite et qui étaient revêtus de robes de satin noir, ainsi que pour les quatre secrétaires d’Etat, les chevaliers des ordres du roi, les gouverneurs et lieutenants généraux des provinces, les baillis d’épée, etc.
Lorsque le roi était assis et couvert et que toute l’assemblée avait pris place, le roi ôtant et remettant son chapeau donnait la parole au chancelier pour exposer l’objet de la séance. Le chancelier montait alors vers le roi, s’agenouillait devant lui, et, après avoir pris ses ordres, retournait à sa place, où assis et couvert il prononçait une harangue d’apparat. Son discours fini, le premier président et les présidents se levaient, mettaient un genou en terre devant le roi, et, après qu’ils s’étaient relevés, le premier président, debout et découvert, ainsi que tous les présidents, prononçait un discours qui renfermait presque toujours l’éloge du roi. Le chancelier montait ensuite vers le roi, prenait ses ordres le genou en terre, et revenu à sa place disait que la volonté du roi était qu’on donnât lecture des édits. Le chancelier appelait ensuite les gens du roi pour qu’ils donnassent leurs conclusions. Le procureur général ou l’un des avocats généraux prononçait un discours pour motiver des conclusions qui allaient toujours à l’enregistrement des édits. Cependant quelques avocats généraux, parmi lesquels on remarque Omer Talon,
profitèrent de ces occasions solennelles pour adresser au souverain d’utiles remontrances.
Les harangues terminées, le chancelier recueillait les voix, mais seulement pour la forme. Il montait pour la troisième fois vers le roi et un genou en terre lui demandait son avis ; il s’adressait ensuite aux princes, pairs laïques et ecclésiastiques, maréchaux de France, président des requêtes, conseillers au parlement, qui tous opinaient à voix basse et pour la forme . A près avoir pris les voix, il allait pour la quatrième fois demander les ordres du roi, et, de retour à sa place, il prononçait la formule d’enregistrement : « Le roi séant en son lit de justice a ordonné et ordonne que les présents édits seront enregistrés,… » et à la fin de l’arrêté, on ajoutait : « Fait en parlement, le roi y séant en son lit de justice. » Le roi sortait ensuite avec les mêmes cérémonies qui avaient accompagné son entrée au parlement. Ces lits de justice étaient regardés comme des espèces de coup d’Etat qui violaient les droits des parlements. L’assemblée se réunissait quelquefois le lendemain pour protester contre un enregistrement forcé ; il en résultait des conflits et des troubles.
Ce fut, en 1648, l’occasion de la Fronde.
Un siècle et demi plus tard, la révolution était passée par là, annulant toute forme de pouvoir royal en matière de justice.
Napoléon paracheva le changement en nous léguant le « Code Napoléon ». L’appellation « Code Napoléon » désigne notre Code Civil et ses 2281 articles d’origine, au regard de son Histoire. Il est rédigé sous l’impulsion de Napoléon et est promulgué le 21 mars 1804 (30 ventôse an XII).
L’expression « Code Napoléon » désigne aujourd’hui ce qui, dans notre Code, n’a pas été modifié depuis l’adoption de ce Code.
mardi 19 septembre 2006
La zigouillette de homard !
Il y a trente ans, on pouvait se promener le soir dans Paris, les mains dans les poches, claquer la portière de sa voiture sans la fermer à clé, et s’endormir, à la campagne, les fenêtres ouvertes. Il y avait certes des assassinats et des cambriolages, le Français n’était pas tout bon, mais la France, dans ses frontières hexagonales, était plutôt tranquille.
Dans les grands restaurants, les maîtres d’hôtel, raides dans leur tenue de pingouin, servaient et desservaient en silence et le sommelier, consultant votre commande, disait sobrement : « Je vous recommande ce meursault, ensuite un domaine de chevalier. Ce sera parfait » et s’en allait vers la table voisine.
Aujourd’hui, on tire le sac des vieilles dames dans les beaux quartiers, on dote sa voiture d’une sirène qui se met à hurler au passage du moindre moineau et, chez soi, on se barricade pour la nuit, comme à Fort Alamo.
Mais alors, au restaurant ! C’est petit doigt en l’air et bouche en cul de poule, pommade et frisettes. Jamais les Français n’ont été entourés d’autant de courbettes et de ronds de jambe. On ne va plus au restaurant pour manger, mais se restaurer dans le tourbillon du grand ballet initiatique dont on vous force à être le Mamamouchi.
Imaginez que vous ayez invité, ce soir-là, dans un restaurant qui se « prétend », une dame devant qui vous avez décidé de déballer vos tendres sentiments. Cela donne à peu près ceci :
« Enfin, nous sommes là, vous et moi…Chère Amandine, il faut que je vous dise quelque chose… »
Interruption du sommelier :
« Si je peux me permettre de faire une suggestion à ces messieurs dames, nous avons pour l’apéritif un champagne rosé brut dont je tiens à signaler qu’il est obtenu par vinification directe des grands crus pinot noir de la montagne de Reims. Sinon, je puis vous proposer un rarissime muscat de l’île de Xylophène, de vendanges tardives évidemment, dont les vibrations aromatiques très prolongées n’altèrent en rien une fraîcheur en bouche tout à fait étonnante pour un vin aussi mûr. »
Amandine : »Je prendrai un Schweppes avec une rondelle de citron… »
Vous : « Nous disions donc… »
Le maître d’hôtel, de retour avec deux cartes : « Je vous laisse consulter la carte, mais je vous signale que ce soir le chef a préparé quelque chose de spécial que je me permets de vous recommander. Il s’agit d’une émiettée de bar de petit bateau, qu’il fait venir en direct de l’île de Houat d’où il est transporté par avion jusqu’au continent. Emietté à la main, il est saisi à la poêle et servi avec de jeunes poireaux dans une réduction à l’abricot d’Arménie, fleur de genet, graines de pavot, sel de Guérande et poivre de Sichuan. Vous verrez, c’est tout simple et c’est très léger. »
Vous : « Voyez-vous, ma chère Amandine, depuis que j’ai le bonheur de vous connaître, je ne cesse de me dire… »
Amandine : « Vous me raconterez cela tout à l’heure, mais faisons d’abord notre choix. »
Quelques instants plus tard, le maître d’hôtel.
« Bien, maintenant, je vais pouvoir prendre les commandes…Ce qu’est la bistouquette ? Eh bien, c’est une bistouquette d’huîtres à la pomme de terre en bouillon léger d’épinoches et de radis noirs. Madame préfère la Zigouillette de homard aux herbes de l’océan ? Parfait.
Et monsieur, pour commencer ? J’attire son attention sur la petite salade de saint-jacques. Les saint-jacques sont saisies à l’unilatérale et servies avec une vinaigrette tiède de pomponnette aux graines d’hépatite des bois, sur quelques feuilles vertes, parsemées de fleurs de bamboula. Oh ! Oui, monsieur, c’est très léger. Bien…Ensuite ? L’émiettée de bar ? Non ? Alors, que diriez-vous d’un arlequin des prés ? C’est une superbe et toute récente création du chef. Elle est composée de pattes de poularde de Bresse, de tétines de vaches de Bazas et d’oreilles d’agneau d’écurie de Pauillac. Elle est préparée en dodine, accompagnée d’une mousseline de haricots rouges et d’une confiture de figues à la lie de vin du Médoc. Je vous le recommande tout particulièrement. Un peu lourd ? Oh ! Madame…Vous verrez, c’est très léger. Bien…Donc, je récapitule. Pour madame, la zigouillette de homard aux herbes de l’océan. Pour monsieur, les saint-jacques à la vinaigrette de pomponnette. Ensuite, deux arlequins des prés. Pour les desserts, nous verrons plus tard. A moins que ces messieurs dames ne soient tentés par un dessert chaud. Il y a notamment un soufflé à la rhubarbe, pépins de raisins confits, poudre de violette et noix de coco safranée, qui est la grande spécialité de la maison et que je vous recommande tout particulièrement. Bien, bien, nous verrons donc plus tard … »
Vous : « Oui, Amandine, je ne cesse de me dire… »
Interruption du jeune commis. « Le chef a préparé pour vous une petite mise en bouche. Je vous conseille de déguster, à partir du haut, dans le sens des aiguilles d’une montre, d’abord, la tartinette de purée d’olivettes à la joue de hareng, fumé artisanalement en Bretagne par le beau-père du chef et légèrement frotté d’huile de sésame et d’hélianthe tubéreux. »
Amandine : « C’est quoi l’hélianthe tubéreux ? »
Le commis : « Excusez-moi, je vais demander. »
Retour du commis : « C’est des rutabagas. Donc, je reprends. Ici, vous avez un beignet d’anguille dégraissée des marais sud poitevins, parsemée de copeaux et noisettes du Piémont. Ensuite, une tranchette de saumon mariné de la Laponie finlandaise sur une fine couche de lentilles vertes des Podots. »
Vous : « Qu’est-ce que c’est les Podots ? »
Le commis : « Je reviens dans un instant. »
Le même, de retour : « Ce sont les habitants du Puy, monsieur. Je reprends : les lentilles vertes à la mode des Podots, arrosées d’un filet de balsamico nourri pendant quinze ans en fût de chêne des Abruzzes. Enfin en haut, à gauche, vous avez un mini cornichon des Carpates tartiné au cabecou frais de la Montagne Noire, légèrement parfumé à l’essence de griotte. Je vous souhaite un bon appétit, messieurs dames ! »
Vous : « Depuis le temps, Amandine. Je me demande si vous… »
Interruption du chef sommelier, jeune homme tiré à quatre épingles et, visiblement sûr de lui : « Parlons, maintenant, de choses sérieuses. Résumons-nous : une zigouillette de homard et des saint jacques à la vinaigrette de pomponnette. Un vin blanc…C’est bien sûr ce qui vient immédiatement à l’esprit. Je pourrais par exemple vous proposer un château-poteux, dans une année jeune qui a un beau nez floral et est tendre sans être trop moelleux. Il conviendrait très bien aux deux plats. Mais non ! Je vais vous surprendre…Nous allons conclure un mariage audacieux mais parfait avec un rouge, château-la-nouillette, tout en dentelle, aux flaveurs de myosotis et d’acacia sur un fond, très léger, de cuir de Russie et même, imperceptible, de selle de chameau. Ensuite, nous enchaînerons sur un bourgogne, charpenté et puissant mais qui n’écrasera pas l’arlequin des prés. Je pense à un clos-des-cuites 1981. Une vigne très rare qui pousse sur un sol de diluvium alpin. Vendanges manuelles bien sûr…Fermentation à basse température…Vinification six mois dans un fût en chêne de la forêt de Tronçais, puis en cuve autopigeante et thermo régulée. Un très beau travail. Et, si vous le permettez, je vous le servirai en carafe, afin qu’il dégage au maximum ses flaveurs de pissenlit poivré et…mais juste un brin…de poil de souris. Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un excellent dîner. »
Vous : « Le moment est venu, chère Amandine… »
Retour du jeune commis : « Les mise en bouche vous ont convenu ? »
Il dessert la table, revient avec des assiettes, et arrivent deux autres commis, portant des cloches en métal argenté. Sur un signe imperceptible du maître d’hôtel, les deux jeunes gens lèvent leurs cloches qui se heurtent dans un fracas épouvantable.
« Oh ! s’écrie le maître d’hôtel. Je suis vraiment désolé. » Puis se tournant vers les commis, leur lance un regard noir et dit d’un ton sec : « On recommence. »
La cérémonie, cette fois, se déroule, sans accrocs.
« Donc, pour madame, dit-il, voici la zigouillette de homard aux herbes de l’océan en soupe de crustacés aux pétales de fleurs de sel avec sa petite quenelle en robe de polenta. Et pour monsieur, la salade de saint jacques à l’unilatéral avec sa vinaigrette de pomponnette aux graines d’hépatite des bois, sur quelques feuilles vertes aux fleurs de bamboula. Je vous souhaite un excellent appétit et une très bonne soirée en notre compagnie. »
Amandine, se levant de sa chaise : « Désolée, mais ça sera sans moi. Je me tire. »
Soit vous partez avec elle et la conduisez vers la pizzeria la plus proche, soit vous restez et alors, il faut vous attendre à ce que le maître d’hôtel vous demande après chaque plat : « Vous avez aimé ? », une phrase toujours agréable à entendre quand on vient d’être plaqué par une dame. Enfin, avec un peu de chance, le chef viendra en majesté à votre table et vous posera, à son tour, la même question, avec, cette possible variante : « Est-ce que ça vous a plu ? »
Hélas ! Non je ne suis pas l’auteur de cette « Zigouillette », pourtant comme j’aurais aimé l’avoir écrit.
J’espère que comme moi, vous l’avez savouré, dégusté et que l’eau vous étant venu à la bouche, vous allez vous précipiter chez votre libraire pour acheter « Les Fous du Palais » et vous offrir un menu Pantagruélique, à apprécier comme un mille-feuille, page après page.
« Christian Millau, le célèbre critique gastronomique français, a publie chez Laffont un livre de souvenirs sous le titre "Les Fous du Palais" (Drôle de voyage au pays des gourmands).
C'est un ouvrage amusant, savoureux en diable, truffé d'anecdotes contées dans un style alerte et vivant, et l'humour est présent à toutes les pages.
L'avantage d'être un gastronome qui écrit, c'est qu'il peut faire partager ses découvertes et ses moments de bonheur à un grand nombre de lecteurs et que, naturellement, beaucoup de portes obstinément closes pour d'autres lui sont ouvertes à deux battants. Christian Millau décrit dans ce livre des personnages étonnants, comme Charles Ritz, grand seigneur, amateur de havanes, qui le fit pénétrer un jour dans ses appartements au "Ritz" : une chambre de bonne, un lit de fer, et une armoire dont chaque planche était pourvue d'un pot à confiture rempli d'eau, le meilleur humidificateur pour sa collection de cigares digne d'un milliardaire.
L'auteur nous entraîne aussi en Irlande, avec de solides buveurs de whisky, ou chez Maïté Saucourt, qui avait élevé un cochon et le pleurait à chaudes larmes en se régalant d'un solide coup de fourchette de son boudin tout frais. Un petit chef-d'oeuvre dans le genre souriant et quelques bonnes recettes en plus. »
Source : Europeangastronomy
























































