lundi 28 août 2006
Devenons tous des *Hamadryades !
Dans le monde entier, de nombreuses espèces animales et végétales sont en voie de disparition. Loups, éléphants, tigres, pandas, ours, orangs-outans, gorilles, baleines... les plus grandes espèces de mammifères sont les symboles du phénomène de disparition des espèces. Régulièrement, les médias viennent nous alarmer sur l'état de leurs populations. Ces espèces sont certes pour une bonne part à la source de la prise de conscience écologique ; mais elles ne doivent pas faire oublier que c'est l'ensemble de la biodiversité spécifique qui est menacé. Ce phénomène est dû a beaucoup de causes différentes. Certaines espèces disparaissent d’elles-mêmes, d’autres à cause d’autres animaux. Mais la plupart s’éteignent à cause du prédateur le plus redoutable : l’Homme. En effet, la déforestation, le réchauffement de la planète, la surexploitation, la chasse excessive, et enfin la pollution émise par les humains sont les causes principales de ce désastre. Que faisons-nous pour en enrayer le phénomène ? L’ours brun d’Europe a disparu des Pyrénées, et on essaye de le réintroduire à partir d’individus vivants plus à l’Est, en Slovénie. Néanmoins le projet n’a pas abouti une première fois, car des chasseurs ont tué toutes les femelles. Une autre tentative est en cours, avec déjà une première victime découverte ces jours-ci ; il semblerait que les chasseurs n’y soient pour rien ! Le grand panda d’Asie est un cas encore plus préoccupant, car il ne se reproduit pratiquement pas en captivité ; il est devenu l’emblème de la lutte pour la préservation de telles espèces. Nous aurions tord de penser que la France est peu concernée par le sujet. Le saumon sauvage, l’esturgeon, le grand dauphin, le mérou, la tortue d’Hermann, la vipère d’Orsini, l’aigle de Bonelli, l’hirondelle, le faucon crécerelle, la cigogne, les flamants roses, la loutre, le loup, le lynx et bien d’autres, pourraient en être les prochaines victimes. Une piste envisagée, depuis la découverte d’un mammouth congelé dans les glaces de Sibérie : congeler des animaux en voie de disparition pour en préserver leur ADN. Je pourrai dresser un tableau tout autant préoccupant avec les espèces végétales ! Ouvrons grandement les yeux, afin d’essayer d’imiter la mouche qui réagit au moindre signe de danger. Il est encore temps d’imiter les Hamadryades!
En complément de l’article du 25 août : « Qui de l’Homme ou de la Nature aura le dernier mot », et de celui-ci ; une autre analyse d’André Brincourt sur la cohabitation de l’Homme et de la Nature.
« Fâcheuse manie des philosophes de ne dialoguer qu’entre eux ! Les savants (et c’est même ce qui caractérise les plus grands) ne questionnent pas seulement la science »…
« Mais puisqu’on ne fait que le rabâcher vertement, que la science, nom de Dieu ! se donne enfin une conscience ! La morale est protectrice. Se protéger c’est aussi respecter la Nature, encore qu’il soit préférable de la contrôler à notre profit, ce qui veut dire : la sauvegarder. « Respect » est un terme suspect pour l’homme « au naturel violeur ». La nature, comme la science, mérite surtout d’être tenue à l’œil. N’oublions pas que l’homme n’est devenu ce qu’il est qu’en échappant depuis cent mille ans à ses monstrueux caprices. La nature n’a pas de morale. Mais elle a ses règles »...
« Il a certes fallu bien du courage au bipède pour continuer à se tenir debout ! La chère nature ne lui a pas fait de cadeau. Il y a cent quinze mille ans, alors qu’il s’apprêtait tout juste à mériter son nom, les bouleversements écologiques ont failli l’emporter avec l’extinction de plus de la moitié des espèces animales .Pauvres de nous ! Et encore quarante mille ans d’apocalypse avant que la couverture glacière se stabilise, bravo ! Bonne capacité d’adaptation. Remercions Noé, en passant. Il nous a appris à flotter. La nature est coléreuse, mais l’homme assez fou ou assez sage pour refuser de subir sa loi. On verra bien où tout cela nous mène.
Pour l’instant, le soleil se lève chaque matin. Souhaitons-lui bon anniversaire. Il est au juste milieu de sa course. Né, il y a cinq milliards d’années. Cela nous laisse un peu de temps. Pas si sûr, cependant. La calotte glacière recommence à fondre, le niveau de la mer monte et menace. Allons-nous nous remettre à flotter dans l’Arche ?
Qui est coupable
le temps qu’il fait
le temps qu’il faut
ou moi qui marche dans le sable
ou toi qui sais marcher sur l’eau ?
Les poètes posent les bonnes questions ».
André Brincourt
*Hamadryade (Mythologie) Nymphe des bois qui naissait et mourait avec l’arbre dont la garde lui était confiée, et qui ne pouvait jamais le quitter sous peine de mourir.













