mercredi 2 août 2006
Faites l'amour, pas la guerre!
Si le célèbre "Faites l’amour, pas la guerre" est un plaidoyer pour la paix, il n'a sûrement pas le pouvoir de mettre un terme à une guerre, ni la force de convaincre des guerriers en campagne.
En 411 avant J.-C., dans Lysistrata, Aristophane, lui, a imaginé pour les femmes un mot d’ordre plus efficace : "Pour arrêter la guerre, refusez-vous à vos maris."
Alors qu’Athènes et Sparte sont en guerre, Lysistrata, belle Athénienne, aussi rusée qu'audacieuse, convainc les femmes de toutes les cités grecques de déclencher et de poursuivre une grève totale du sexe, jusqu'à ce que les hommes reviennent à la raison et cessent le combat. « Ne faites plus l’amour, vous empêcherez la guerre! ».
Aristophane se plaît à mêler les conflits de l’État aux détails les plus intimes de la vie quotidienne, résolvant une crise politique des plus graves par la comédie la plus licencieuse, et usant avec bonheur de tous les clichés de la guerre des sexes.
C’est avec audace et ruse que Lysistrata réussit à convaincre toutes les femmes des cités grecques de faire la grève du sexe, jusqu’à ce que les hommes reviennent à la raison et arrêtent les combats…
« Faites l’amour, pas la guerre » est une affirmation qui a prouvé ses limites.
Alors, comme le dépeint Wateau dans son tableau, ne nous reste t'il plus que "la guerre de l'amour"?
Si je me mettais en grève!
Pas très envie de « travailler sur mon blog », alors que vous êtes allongés sur le sable, au bord de l’eau, sur la grève !
A propos de grève :
Étymologie du mot «grève»:
L'origine exacte de ce mot n'est pas certaine. Le mot grève aurait une origine gauloise, sans que rien ne puisse le prouver. Puis en 876, on trouve en latin médiéval, ce mot au sens de " plage ". Enfin, en latin populaire, on a la forme grava qui veut dire " gravier ", sûrement par métonymie, parce que la plage est constituée de gravier. La forme grève est attestée vers 1100 et a une variante grave, qui n'existe plus dans ce sens en français moderne.
Le mot grève a deux sens très distincts
Premier sens actuel: grève désigne un terrain fait de sable fin ou de graviers, qui s’étend sur le bord des rivières ou de la mer.
Deuxième sens actuel: grève désigne un arrêt de travail volontaire décidé par les salariés pour réclamer à leur direction des améliorations des conditions de travail.
L'actuelle place de l'Hôtel de Ville de Paris s'appelait autrefois la place de Grève: on l'appelait ainsi parce qu'elle était au bord de la Seine et que le sol était constitué de sable et de graviers, d'où le mot grève. A côté s’étendait le quai de la grève. C'est là que se réunissaient les ouvriers sans travail, c’est là que les entrepreneurs, sûrs d’avoir un choix à faire, venaient les embaucher.
C’est ainsi que jusqu'en 1850 environ, être en grève signifiait "chercher du travail".
Plus tard, quand les ouvriers trouvaient insuffisant le salaire, ou voulaient obtenir des meilleures conditions de travail, ils se mettaient en grève, c'est-à-dire qu’ils revenaient à la place de la grève, attendant que les patrons fissent des propositions plus avantageuses.
Quelquefois les patrons, poussés par la commande, venaient en effet et subissaient l’augmentation sollicitée ; d’autres fois, les ouvriers restaient plusieurs jours comme sœur Anne, et ne voyant rien venir, poussés par la nécessité, quittaient la grève, et reprenaient le travail.
Au XXe siècle, on est passé au sens "arrêt d'une activité", comme par exemple, la grève de la faim (qui désigne le refus de s'alimenter par une ou plusieurs personnes pendant une certaine période pour obtenir une issue favorable à un problème). Les gréves à la SNCF, qui reviennent chaque année comme les hirondelles, aux mêmes dates, nous prendre en otage!
Une anecdote: après chaque grève injustifiée et Dieu sait s’il y en a ; je ne manque pas lors d’un voyage de faire la grève de présentation de mon billet ; ce qui a pour résultat de déclencher des propos animés avec les contrôleurs.
Il y a aussi la grève de l'impôt quand des personnes imposables refusent en bloc de payer leurs impôts ! Etc.
Nous trouvons dans « Lysistrata » d’Aristophane la mention de l’appel à la première grève du sexe :« Ne faites plus l’amour, vous empêcherez la guerre ».













