Grains de sel

"Ce qu'on ne peut dire, il faut l'écrire" : Mes grains de sel sur ce qui me tient à coeur (Nature,Arts, Environnement..) m'exaspère ( Bêtise humaine, Chasse, Corrida etc.)

lundi 31 juillet 2006

31: travailler pour le roi de Prusse!

Le 31, jour sans pain, misère en Prusse.

Travailler pour le roide Prusse.

L’origine de ces deux proverbes a toujours été commentée diversement.

Dans tous les cas, ces deux locutions proverbiales ne peuvent être très anciennes ; la Prusse n’étant érigée en royaume que depuis 1701 ; ces proverbes ne peuvent remonter au-delà.

C’est Frédéric II, l’ami de Voltaire lui-même qui en serait l’auteur.

Fr_d_ric

Rien n’est plus admissible. On n’ignore pas que l’auteur du « Dictionnaire philosophique », sollicité par le roi de Prusse, se rendit à la cour de Berlin en 1750. L’amitié du roi fut de courte durée. En 1753, Voltaire quitta la capitale de la Prusse, complètement brouillé avec le souverain. Arrivé à Paris, l’ex favori ne se gêna pas pour dire à tous, qu’il avait perdu son temps et sa peine « on travaillait pour le roi de Prusse ». L’expression, fit fortune et devint  proverbe. Entre autre méchancetés, voici ce que racontait Voltaire.

Le roi avait promis au philosophe des appointements de ministre, un appartement au château, la table, le chauffage, deux bougies par jour (au siècle des lumières, il fallait bien s’éclairer !), du sucre, du thé, du café, du chocolat à discrétion. Mais il arriva ceci ; le thé et le chocolat étaient de qualité inférieure, le café était avarié ; quand au sucre, on n’en fournissait qu’une quantité dérisoire, et l’éclairage des bougies était tout à fait insuffisant. Voltaire se plaignit. Frédéric répondit que cela lui causait une peine infinie et qu’il chasserait ces canailles de valets qui n’exécutaient pas ses ordres. Rien ne fut changé pourtant l’hôte de Frédéric renouvela ses plaintes.

Frédéric lui répondit : «  Comment, mon cher monsieur de Voltaire, est-il possible que vous vous laissiez distraire de vos idées poétiques par de pareilles misères…. ? Ah ! Je vous en prie, n’employons pas à ces simples bagatelles les moments que nous pouvons donner aux muses et à l’amitié ! Voyons, n’en parlons plus… »

C’est ainsi que Frédéric apaisa les réclamations du poète qui n’oublia pas, à son retour à Paris, de révéler la parcimonie de son royal ami.

Du reste, les économies du roi de Prusse ne se bornaient pas à des bouts de chandelle. Il avait inventé un moyen plus rémunérateur en décidant que la solde ne serait pas payée aux troupes le 31 du mois. Il y avait sept jours de l’année pendant lesquels l’armée prussienne tout entière travaillait pou le roi de Prusse.

Ce qui  fit dire : le 31 du mois, misère Prusse.

voltaire

J'écris pour agir

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